Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"
Remis la main sur Marc-Aurèle : Pensées pour moi-même, belle et simple traduction de Frédérique Vervliet, Arléa 1995.
Le maître du monde connu, de l'Empire Romain au sommet de son étendue, commence son livre en recherchant tout ce qu'il doit à chacun de ses maîtres à vivre. La liste est longue et scrupuleuse.
On y trouve Fronton, son maître de rhétorique, à qui il doit d'avoir constaté la méchanceté, la duplicité et l'hypocrisie des tyrans, ainsi que l'insensibilité de presque tous ceux que l'on nomme chez nous les patriciens
.
À son père adoptif
, l'empereur Antonin, il doit bien sûr beaucoup : la liberté laissée à ses amis de ne pas toujours partager son repas ou faire route avec lui
, le refus des acclamations et de toute autre flatterie à son égard
, l'effacement modeste devant ceux qui avaient acquis un savoir-faire
, l'absence d'agitation et de nervosité
, le fait qu'il ne prenait pas de bain à des heures indûes, n'avait pas la folie des constructions, ne chicanait pas sur la nourriture, les tissus et les couleurs des vêtements
.
Pourquoi donc penser à tout ça en lisant les journaux ? Marc-Aurèle est aussi démodé que la princesse de Clèves.