Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"
Sorti de chez le soldeur avec un gros sac plein de livres, assez chanceux pour trouver un siège dès le début du voyage en métro, j'avais tout de suite ouvert un de mes achats tout frais.
Tout absorbé que j'étais, je ne pouvais cependant pas ne pas remarquer qu'en face on me regardait d'un drôle d'œil – et pas pour me faire du charme.
Ah.
Prévenant comme vous me connaissez, forcément j'ai voulu rendre à ma voisine une sérénité dont je sentais bien que je la troublais.
Une check-list rapide s'imposait :
Bon, en première approche c'est pas moi.
Le livre, peut-être ? Plus grand qu'un livre de poche mais pas géant, brave bouquin à dos carré : rien d'extravagant.
Illustrations ? Aucune : couverture noire et lettres jaunes, sobre et de bon goût.
Alors ce doit être l'ouvrage lui-même. Voyons, voyons, voyons…
Une anthologie – d'ailleurs c'est indiqué en couverture. Les éditeurs en sont Mathias et Jean-Jacques Pauvert. Père et fils, un homme de lettres et un éditeur, quoi de plus touchant ?
Des écrivains tout à fait respectables : Mallarmé, Jules Renard, Flaubert, Musset, Corneille – des valeurs sûres. Un peu plus récents, il y a Colette, Apollinaire, Mac Orlan… pas vraiment des auteurs maudits. Les contemporains sont variés : Cavanna autant que Louis Pauwels, beaucoup d'autres que je découvre. Beaucoup d'anonymes aussi, mais c'est le propre des anthologies. En résumé : du beau linge, très fréquentable. Il y a bien Sade dans un coin, mais ne sera-t-il pas un jour au programme des lycées ? Non ?
Pas le livre matériel, pas les éditeurs, pas les auteurs… le titre, alors ?
Il est vrai qu'il y a un mot latin, ça peut surprendre. Mais c'est un terme simple et bref, une forme d'un verbe signifiant bonnement aller ensemble
: je suis plongé, à deux mains, dans l' Anthologie du coït
(éditions La Musardine).
Comment ? Il ne s'agirait que de ces deux consonnes et deux voyelles ?
Il n'y a plus de latinistes, on doit me prendre pour un snob. Soit, cherchons autre chose dans le grand sac, un titre sans mots latins. Ah, voilà ! Je crois que j'ai trouvé : Dernière méditation
, de Savonarole.
En face, ça ne s'arrange pas.
Note pour moi-même : toujours circuler avec un vieux numéro de Pif le Chien
.