Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"
Article peut-être scabreux ? et fin de l'aventure.
Odéon est au bout du voyage, j'en sors toujours par l'escalier qui mène à la statue de Danton – on n'a pas souvent un comité d'accueil en bronze commémoratif ET révolutionnaire.
Il y a toujours des escaliers dans un voyage en métro mais seul le dernier compte vraiment. Le dernier seul mène au jour ou à la pluie mais pas au néon, le dernier seul est la vraie rupture avec l'horizontal, le souterrain, l'abstrait. Au sommet il y a des pierres blondes, au sommet il y a des arbres, il y a des courbes.
En chemin aussi, il peut y avoir des courbes.
Dans cet escalier me précédait l'autre jour une jeune fille, peut-être vive, rieuse et jolie, peut-être sotte, hargneuse et moche, dont je ne connaîtrai jamais, et brièvement, que le postérieur. Classiquement mais joliment moulé de noir, sans aspérité, il flottait gracieusement à hauteur de mon visage. Toute salacité à part (mais me ferez-vous confiance ?) c'est beau le mouvement d'un fessier féminin, c'est fluide et complexe, c'est la sûre nonchalance de la vie qui renvoie à rien la mécanique et la géométrie. Les femmes qui arpentent un boulevard comme les légionnaires descendent les Champs-Élysées n'ont pas conscience de leur péché.
Donc, tout de ravissement intérieur et tout d'indifférence extérieure (il ne faut peut-être pas me faire confiance, à la réflexion), je remontais vers le jour, retenant mon allure, n'en croyant pas mes yeux, lorsque je dus soudain… en croire mes narines. On me laissait un cadeau d'adieu certes volatil mais puissant. Même en convoquant Apollinaire* pour la circonstance, le choc était réel.
Sur la place, le cinéma projetait LE PARFUM.
Fragilité des émotions esthétiques.
* … elle lâcha un pet, non pas un pet vulgaire mais un pet au son cristallin …
Les Onze Mille verges , chapitre 1.