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Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"

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Châtelet-Odéon [1] Châtelet

Article déconseillé aux claustrophobes.


Personne n'est obligé d'aimer le métro parisien. Ce jumeau souterrain de la ville, aussi étendu qu'elle, est un gisement de sensations introuvables ailleurs. Pas toujours plus belles, pas toujours plus fortes – autres.

Station Châtelet. La plus grande gare souterraine d'Europe : d'un bout à l'autre des quais, des couloirs, des escalators, des tapis roulants, des Halles à la Seine on peut marcher près d'un kilomètre sans voir la surface.

Avant de s'engager dans un de ces couloirs, on est d'abord expulsé avec la bouffée humaine lâchée par la rame sur le quai. Peu d'hésitations dans la masse : les panneaux sont clairs et méthodiquement disposés, chacun trouve son chemin très vite s'il ne le connaît pas déjà, chacun marche vers sa prochaine étape.

J'ai de longues jambes. Soulevé d'abord par la vague, je la dépasse et savoure la brève pause où s'élargit ma bulle d'intimité. Systole, diastole. Quand je rejoins la foule silencieuse qui converge vers le quai suivant, la bulle se contracte à nouveau. Diastole, systole.

Aux sept lignes qui se croisaient déjà à Châtelet s'est ajoutée, voilà quelques années, la ligne 14 sans pilote – fierté technique de la RATP. Avec elle de nouveaux couloirs, artères et capillaires enrichissent encore le fouillis métallique et minéral, s'y raccordent tant bien que mal. L'un de ces couloirs m'a fait comprendre ce que pouvait être le vertige horizontal.

Le début était familier. De la sortie de la rame jusqu'à l'escalator, la densité croît rapidement, jusqu'à la parfaite compacité immobile sur les marches : trop de monde pour espérer doubler.

Mais en haut, le caillot humain est brusquement pulvérisé, lâché dans un vaste tube, haut de voûte et plus large encore, sans un coude pour arrêter le regard ou dévier le flot. Il y circule à tout instant et dans les deux sens une foule continue. Les deux flux majeurs prennent d'eux-mêmes une moitié du passage, les nouveaux venus se débrouillent comme ils peuvent pour rejoindre le ruisseau marchant qui les portera à leur but.

Pour atteindre le petit escalier escarpé menant à la ligne 4, il faut enfreindre la règle tacite et, non pas traverser, mais remonter le courant. Flux d'autant plus rapide que je marchais à sa rencontre, flux infiniment renouvelé de visages pressés, rêveurs, soucieux, inertes… tous différents, tous semblables, venant toujours du même point avant de toujours s'écarter – entre habitués, on se heurte très peu dans les couloirs – obstacles fuyants, déversement incessant. Pour un peu, je crawlais pour me dégager plus vite.

Ce ne fut pas très long, ni même inquiétant – seulement interminable comme le sont les rêves absurdes.

J'emprunte régulièrement ce trajet. Retrouver pour finir la cohue normale d'un métro normal me procure pourtant chaque fois le même soulagement, et je ne l'éprouve que là.

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Et encore, tu as oublié de parler des ventilateurs...
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M
J'avoue ma lacune. Ou peut-être était-ce un pressentiment de l'article suivant ?
A
Beau texte, merci ! :-)
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J
J'en avais le tournis rien qu'à lire ton texte, tant il est vivant et fidèle à la réalité.<br />  Cela fait quelques années que j'ai abandonné ma vie trépidante de parisienne convaincue, et avec le temps j'ai également perdu l'habitude des transports en commun. Ce n'est pas ce que je regrette d'avoir laissé derrière moi ;-)
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M
Héhéhé .... attends seulement le tome 2 !