Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"
Le Parisien n'aime pas s'ennuyer trop longtemps, ses immeubles non plus.
Haussman leur avait imposé une stricte cure de petit doigt sur la couture du pantalon, d'alignement et de balcon filant au cinquième étage. Non que ce soit franchement désagréable, mais on finit par se lasser.
Aussi la génération d'architectes d'après l'Empire n'a-t-elle eu de cesse de desserrer le carcan du règlement d'urbanisme et, en attendant qu'un décret de 1897 autorise la construction en saillie, a patienté en peuplant les façades de sculptures rieuses, tendres, parfois grimaçantes ou fantastiques quand l'inspiration se faisait médiévale, souvent édifiantes comme des images d'Épinal pour du logement social, bref tout sauf solennelles. Le sommet de la fantaisie (ou du n'importe quoi, selon le goût) sera bien sûr l'Art Nouveau (ou style nouille
) d'Hector Guimard (celui des bouches de métro). La Grande Guerre viendra changer l'inspiration.
Tout ce monde de pierre, de mosaïque ou de faïence est aujourd'hui une friandise pour le promeneur, surtout dans les beaux quartiers – parce que ça coûte, ces bêtises. En service commandé pour une payse, près de l'École Militaire, lever le nez m'a fait voir ces deux-là :

Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont riches, ils s'aiment, on se croirait au cinéma – à tel point d'ailleurs que la même façade les accompagne de deux seconds rôles énigmatiques :

Si quelqu'un peut proposer une interprétation ?
Dans les faubourgs aussi, avec des moyens évidemment plus faibles, le populo veut de jolies choses. Près de chez moi, au-dessus des deux portes d'une petite rue étrangement numérotée de 42 à 42bis (autre énigme), j'ai trouvé ces deux profils maladroits :
