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Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"

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Conférence : la rue du Pélican

Article pas sérieux mais très sérieux.


Or donc le Monbazillac, la compagnie agréable, le désir imbécile galant d'éblouir les jolies dames… tout ça est évoqué dans cet article.

Rappelons la question soumise à la sagacité des lecteurs assez honnêtes pour laisser Google et Wikipédia tranquilles :  d'où vient le nom de la rue du Pélican ? 

Saluons d'abord l'explication québecoise présentée dans ce commentaire.

Étudions ensuite la piste scandinave découverte ici.

Remarquons enfin l'ingénieuse hypothèse ornithologique émise .

Pour en apprendre davantage sur la vie et les mœurs du pélican, je ne peux que vous renvoyer à cette remarquable étude publiée dans un blog que vous devriez tous être en train de déguster à petites lampées, avec gourmandise et componction.

Et revenons à nos choux-fleurs.

Le contexte urbanistique et socio-culturel contemporain

Tout est dit dans ce feuillet tiré d'un de mes carnets récents :

Le contexte urbanistique médiéval

Au XIIIe siècle le quartier était un peu différent (et moi j'étais plus jeune). La rue du Pélican existait déjà, le Louvre et la rue Saint-Honoré aussi. Pour le reste…

D'abord et d'une, la rue du Pélican se trouvait hors les murs de la ville. Car il y avait un mur, un putain de très impressionnant mur encerclant la ville. Érigé par Philippe-Auguste autour de l'an 1200 et de sa bonne ville, je vous en ai déjà montré un bout ici. Le plus grand morceau se trouve de l'autre côté de la ville, dans le IVe arrondissement derrière le lycée Charlemagne, et il ressemble à ça :

Mur de philippe Auguste - Paris IV

Pour vous en faire une idée plus exacte, complétez-le vers le haut jusqu'au tracé orange, et creusez vers le bas jusqu'au sol naturel de Paris – vous pouvez déblayer sans souci un ou deux étages de gravats. Mignonne maçonnerie, non ? Voilà pour le mur. Si vous avez déjà vu Carcassonne, vous avez compris.

Enfin et de deux, le Louvre. Prenez l'actuelle Cour Carrée, visible sur le croquis précédent, n'en gardez que le quart Sud-Ouest, virez le roi et sa cour (qui vivaient sur l'île de la Cité, petit topo ici), et transformez ce quart en château-fort. Pas un truc en stuc façon Disney, non non, un bon gros château-fort bien costaud, bien carré, avec une tour à chaque coin et un maousse donjon au milieu. Avec ça, vous protégez la ville contre les casse-pieds venus en remontant la Seine – le souvenir des Normands, bien qu'ancien, était demeuré vivace.

Je n'ai pas retrouvé de photo d'époque dans mes archives, aussi vous ai-je bricolé ce petit crobard superposable au précédent :

Le contexte socio-économique médiéval

Dans le cas général, vous êtes jeune (on ne faisait pas de très vieux os), vigoureux (puisque vous n'êtes pas mort en bas âge ou dans vos premières années, comme la moitié de vos douze frères et sœurs), et sans une thune puisque votre aîné a tout ramassé (probablement pas grand-chose de toute manière). Comment ne pas mourir de faim ?

Garçon, vous pouvez vous faire soldat – métier dangereux en temps de guerre, mais vous voilà casé au Louvre ou sur le mur. Vous pouvez entrer au service d'un plus riche que vous – et vous voilà casé en ville. Vous pouvez aussi virer truand – métier dangereux en tous temps, mais il faut bien vivre. Vous pouvez enfin vous faire moine ou mendiant, il existe des passerelles entre toutes ces activités.

Fille, vous pouvez d'abord et avant tout vous marier – casée en ville. À défaut, faites-vous nonne ou servante – casée là aussi. Au pire, vous aussi pouvez virer truande ou mendiante.

Vous pouvez enfin – stop.

Faites sortir les mômes.

Toi, ma fille, j'ai pas le choix – fichue majorité à dix-huit ans – comme je sais que tu t'incrusterais tout de même… reste donc, va.

Les autres, dehors.


Puisque nous voilà entre grandes personnes, poursuivons. Vous pouvez enfin, sans chichis superflus, faire le tapin.

La prostitution est une très vieille industrie à Paris et ailleurs, les périodiques agitations du guet, des archers, des argousins, des pandores, des prévôts, des préfets, des ministres… ne font que cacher la poussière sous le tapis. La rubrique  Relaxation  des pages jaunes a connu un essor étonnant ces derniers temps – je m'égare.

Très vieille industrie, et encore plus florissante autrefois : les  vals d'amour  étaient innombrables. Ce canton éloigné de la ville, rempli de gens d'armes vivant dans un environnement riant et épanouissant, avait aussi les siens, et notre rue du Pélican était du nombre.

Oui oui oui.

Rigolo, intéressant, mais…


…le Pélican ?

Le Moyen Âge avait le goût de la propriété des termes et aucun sens de la périphrase. La rue était donc, tout ingénument,


la rue du



poil au con.


Pour en savoir davantage sur le mur de Philippe Auguste, visitez Paris à l'époque de Philippe-Auguste, très joli site d'un doux maniaque selon mon cœur.

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S
Mazette, comment éducatif est votre blog. Tout ce temps, je pensais que cette petite rue a porté le nom du pélican comme un symbole d'amour *parental tendre.*<br /> <br /> Mais il y a d'autres exemples de tels noms des rues carrément informatifs dans la période médiévale. Le roman "A Burnable Book," par Bruce Holsinger, qui a lieu à Londres dans le temps de Chaucer,<br /> inclut comme des personnages un groupe de prostituées qui travaillent dans - pardonnez ma langue grossière - "Gropecunt Lane" (Ruelle).<br /> https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=zJCd4LrRLgxM.k9Bt0afYycQM<br /> <br /> Je peux voir que vous n'épargnez aucun effort de distraire et d'instruire votre public. Je prendrai note, parce que maintenant, j'ai aussi un blog moi-même!
Répondre
M
<br /> <br /> Héhé - et encore, j'aurais pu raconter l'histoire de la rue Marie Stuart...<br /> <br /> <br /> La grivoiserie médiévale, en effet, était européenne et pas seulement française (ou gauloise). Votre nom londonien est délicieux - il est rare que je sourie en découvrant une traduction !<br /> <br /> <br /> Pour attirer des lecteurs vers votre blog, n'hésitez pas à indiquer son URL quand vous signerez votre prochain commentaire ;-)<br /> <br /> <br /> <br />
M
C'est vrai que ce H à étymologie au milieu de ce blog... ah lalala:):)peut être une petite couche supplémentaire? Pour me faire encore rire? <br /> Et Mr Brendufat qui ne connait pas Terry. Où va la France, grands dieux. Je crains le pire pour les générations à venir si ce sont les Tahitiens qui doivent expliquer aux Parisiens où il faut aller dans la galerie Véro Dodat! C'est vrai que ce n'est pas certain que vous vous maquilliez(?) ( y en a, c'est les H, moi, c'est plutôt les conjugaisons, chacun son truc) tous les jours avec les produits de cette artiste mais quand même.. La prochaine fois que vous passerez dans cette jolie galerie, regardez, on crée des maquillages personnalisés pour les grandes de ce monde au premier étage. Pour le vulgum pecus, c'est en bas. <br /> Et Le Prince jardinier, dans les Galeries du Palais Royal?? Les tenues de jardinage de la reine d'Angleterre et du Prince Philippe, Vous connaissez, j'espère? Un régal à voir, le petit arrosoir avec bordure en or.. So cute! Ressortez avec un sachet de graine de tomates et oubliez l'arrosoir . Le Prince Jardinier, à côté de chez Serge, bien sûr.Une valeur sûre, même sans jardin. Surtout sans jardin.
Répondre
M
<br /> Je me maquille assez rarement, en effet - votre conjugaison est parfaitement au point.<br /> Je vois la boutique en question mais n'avais pas retenu le nom de l'artissse. Bon. Encore une mine de cadeaux ruineux, je sens ça.<br /> Le prince jardinier ? Bien que la reine d'Angleterre et le prince qu'on sort ne soient pas de mon cercle d'intimes, j'ai ouï parler de la maison. M'enfin, mes centres d'intérêt personnels me<br /> portent plutôt vers le fa-bu-leux marchand de pipes lui aussi logé au Palais Royal. Ce n'est pas très différent d'un arrosoir, après tout : un réservoir, un tuyau... kif-kif, non ?<br /> <br /> <br />
D
Je me couvre la tête de cendres. Ainsi que de plumes (de pélican...) après l'avoir enduite de goudron. Ouais, ben je vous jure, c'est pas beau à voir. Ça fout même carrément la trouille. Et pourquoi je fais tout ça ?<br /> <br /> Je ne sais pas, je n'ai jamais su et je ne saurai jamais écrire étimaulojie. J'y arrive pas. Probablement un traumatisme subi dans ma plus tendre enfance. Pourtant, j'ai un moyen mnémotechnique pour ça : on écrit éthylotest et étimaulogie. C'est pourtant pas dur, quoi. Et pourtant. Blocage.<br /> <br /> Alors je me prosterne devant vous, lecteurs sidérés de ce blog que j'ai souillé de la souillure de la noirceur de cette plaie béante que je porte en moi jusqu'à la fin des temps de l'enfer : étimaulojie. Ya pas de "H", pourtant j'le sais, je comprends pas docteur, qu'est-ce que j'ai fait de si horrible pour mériter ça, pas être foutue capable d'écrire ce mot-là, alors que je sais très bien écrire éthylotest ? Moi qui ne bois jamais ? Quelle faute suis-je condamnée, damnée, née, ée, e, euh... à expier ?<br /> <br /> Pardonnez-moi, pauvres lecteurs, d'avoir fait saigner vos zyeux à la vue de cette horreur, vous qui étiez venus vous prosterner devant la splendeur de ce blog habité par un esprit supérieur. Peut-être suis-je punie pour avoir pris la tête de Louis Jouvet représenté en saint Moi dans une rue qui porte un nom auvergnat. Mais vous, malheureux lecteurs à qui j'ai infligé cette cruelle torture, lire étHimaulogie, vous n'aviez pas à en souffrir. Pas à ce point-là.<br /> <br /> Le poids de la croix que je porte en est désormais d'autant plus lourd.<br /> <br /> Surtout quand en plus il faut que je me coltine les cendres, le goudron et les plumes. En plus ça pue.<br /> <br /> Voilà.<br /> <br /> J'en ai assez fait dans la contrition ou il faut que j'en rajoute une couche ?<br /> <br /> DB_promis,_je_me_déguiserai_plus_jamais_en_Louis_Jouvet.
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M
<br /> Oh... ça va ? T'es sûre ?<br /> Tout ça pour un malheureux mail narquois qui voulait rester discret... NE JA-MAIS SE FIER A UNE JOURNALISTE !<br /> Et va te laver - parce que c'est vrai que ça pue.<br /> <br /> <br />
R
Morbleu ! Me voici rangé parmi les malhonnêtes pour m'être un peu engooglisé, ce qui facilite les recherches...Pas de regrets. Vive le Rasteau ou le Frontignan plutôt que le Monbazillac...<br /> Blague à part, et pour rester dans l'Histoire, le lapidaire et les quartiers: qui saurait m'aider dans mes recherches:<br /> - y-a-t-il un rapport entre la présence de nombreux ateliers de sculpteurs (Val-de-Grâce, Rue Campagne Première, XIV ème en général, et l'existence des carrières (abandonnées fin XIX ème)<br /> - qui saurait me dire pourquoi c'est Louis Jouvet qui est représenté en Saint-Dominique sur la facade de l'église de la rue Tombe Issoire ?<br /> - y-a-t-il une étude sur la répartition des constructions réalisées à partir de la récupération des briques des pavillons de l'expo universelle de 1900 ?<br /> <br /> Voilà, je squatte ainsi ton blog. Pour te faire pardonner. Sourire... Roberto.
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M
<br /> Gna bouffé ma précédente réponse, la saleté informatique ? Bon, récidivons.<br /> 1-Meuh non, pas malhonnête - faillible, tout au plus.<br /> 2-Ne pas croire que je boude le Rasteau ou le Frontignan. Ne pas croire. Transigeons sur un muscat de Baumes-de-Venise ? Tope là !<br /> 3-sculpteurs et carrières : je n'y avais jamais pensé, mais il peut y avoir du vrai. Peut-être la présence des carrières, sûrement celle d'une main d'oeuvre spécialisée. Et aussi qu'on établit plus<br /> facilement un grand atelier pour une activité bruyante et salissante dans une banlieue qui en a vu d'autres et ne coûte pas trop cher que dans le centre ville<br /> 4-Jouvet en Saint-Dominique ? Alors ça, c'est le scoop ! J'irai voir à l'occasion.<br /> 5- expo 1900 : je connais pas d'étude d'ensemble, mais je t'ai trouvé ce lien http://pageperso.aol.fr/bottomcircle/Expo-1900.html qui dit déjà pas mal de choses.<br /> <br /> Me faire pardonner quoi, au juste ? Mmmmh ? ;-)<br /> <br /> <br />
D
Tu sais que tu es un artiste ? Un vrai ? Quelle émotion de voir les mots tracés de ta main inspirée... C'est aussi émouvant qu'une étagère fabriquée (avec le même talent et la même passion, ça se voit tout de suite), fabriquée donc par Ardalia.<br /> <br /> Bon sang, j'en ai de la chance d'avoir le privilège de voir ça de mon vivant.<br /> <br /> Surtout, mets sous clé dans un endroit sûr les originaux de ces œuvres qui auront leur place un jour au Louvre. La fortune t'attend, Brendufat, pas de doute. Attends juste un peu pour faire monter les enchères, et après tu feras partie de cette élite qui pourra manger sans compter du poisson au gasoil. Les pélicans seuls peuvent se le permettre - les mouettes aussi. (Oui je sais, je suis désopilante.)<br /> <br /> Ceci dit, l'origine du nom de la rue... Je sais pas. Je suis pas vraiment convaincue. Bien sûr, éthymologiquement, tu as raison, c'est indubitable, lumineux, indiscutable, évident, c'est encore plus fort que la parole divine. Mais je crois quand même que c'étaient des Québécois qui allaient rendre visite aux dames dans cette rue. À cause que leur car était coincé là exactement.<br /> <br /> DB_c'est_important,_la_précision_historique
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M
<br /> Au Louvre, tu crois ? C'est pas trop contemporain ? trop hermétique ?<br /> Si tu savais comme c'est pénible d'écrire avec une souris.<br /> Quoi qu'il en soit, je te prépare un tirage dédicacé dont la vente au bon moment garantira tes vieux jours de la gêne et de la nécessité.<br /> Des Québécois qui se seraient rabattus sur des Jocondes de faubourg ? Pourquoi pas, après tout. Tant qu'ils n'ont pas violenté de pélican, la morale et la rigueur historique sont sauves.<br /> <br /> <br />
M
Le hasard fait que je connais cette Rue du Pélican à cause de la Galerie Véro Dodat et de Madame Terry de Gunzburg ( pub dont elle n'a guère besoin..) Je n'y repasserai plus sans penser à vous !
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M
<br /> Hé bien... il faudra que je me renseigne sur Madame de Gunzburg - je confesse un grand blanc, là !<br /> <br /> <br />