Overblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"

Publicité

Promenade - 3 Underground story

On reprend.

Aujourd'hui, promenade hypogée : c'est avec une émotion non feinte que je vous fais découvrir mon parking préféré.

Option 1 :  Remboursez ! 

Option 2 :  N'importe quoi pour remplir un blog autrefois prometteur. Quelle déchéance, tout de même. 

Option 3 :  Cette fois ça y est : il est fou… 

Revenez, bande de gens ! Dénouez donc cette camisole et laissez-moi coiffer ma casquette de guide.

* prend la diction inimitable du guide qui présente le lit où aurait pu dormir Napoléon s'il avait fait un détour en revenant de l'Île d'Elbe *

 Mesdames et Messieurs, appréciez le savoureux contraste entre ces automobiles du début du XXIe siècle et cette ancestrale maçonnerie du début du XIIIe siècle ! 

Ce mur est, en effet, un petit bout de l'enceinte de Philippe-Auguste. Vers l'an 1200, Philippe II, plus tard dit Auguste, partit en pieux tourisme militaire en Palestine – en croisade, autrement dit. Homme prudent, il mit (on le suppose) une ceinture de chasteté à son épouse et (on en est certain) une bonne et belle muraille à sa capitale. Admirez le travail (le tuyau de chauffage et les chaînes de plastique sont des embellissements modernes) :

Depuis le mur gaulois de la Cité jusqu'au périphérique d'aujourd'hui, toutes les enceintes de Paris ont fini par être rasées un jour, sauf celle-ci. Vite démodée par les progrès de l'artillerie, tôt submergée par la croissance de la ville, elle est restée en place. On s'est contenté d'élargir ou détruire les portes, le reste a servi de carrière ou de mur d'appui – il n'y a pas de petites économies.

De ce fait, il en demeure plusieurs vestiges et traces dans le centre du Paris actuel : des tours plus ou moins complètes, des fragments de mur et, principalement sur la rive gauche, des rues dans les anciens fossés.

Prenez un plan, et promenez votre doigt : rue Mazarine, rue Monsieur-le-Prince, un bout de la rue Malebranche, rue des Fossés Saint-Jacques (vous avez remarqué le nom ?), rue de l'Estrapade, rue Thouin, rue du Cardinal-Lemoine, rue des Fossés Saint-Bernard (le nom, là aussi) : le tracé est presque complet.

Rive droite, c'est un peu plus confus : commencez au Louvre (bâti en avant de la fortification), visez la rue du Jour puis la rue Etienne-Marcel (création du XIXe siècle). Arrivé à la rue Saint-Martin, filez en ligne droite à travers les immeubles jusqu'à la place du marché Sainte-Catherine et, le long du lycée Charlemagne qui conserve le plus beau pan de mur subsistant, rejoignez la Seine en face de l'île Saint-Louis, à cette époque terrain vague au milieu du fleuve – les temps changent…

Pardonnez-moi un aussi long développement, mais ces vieilleries me touchent toujours beaucoup.

Pour revenir sous terre, dans notre parking, ce n'est pas tant la curiosité archéologique que j'aime, mais qu'elle soit utilisée sans façon (exception faite des spots) en brave mur encombrant mais pratique laissé par les vieux plutôt qu'en monument remarquable et dûment signalé à l'attention du badaud. Il y a juste, dans un coin obscur, un écriteau tout moche disant que et que, parce qu'on ne pouvait pas faire moins – mais l'important reste visiblement de garer sa bagnole, pas de s'extasier en troupeau.

J'aime cet alliage de familiarité et de respect – après tout, on n'a pas remplacé le mur par un beau béton armé – comme je suis bien moins ému par la flamme du Soldat Inconnu que par le petit carreau de marbre tout simple qui signale qu'ici, devant un immeuble banal et vivant, est tombé en 44 un père de trois enfants.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Je souhaite que les stationnements souterrains de Californie pourraient être également intéressants et historiques. Hélas, les seules choses que l'on trouverait dans des fouilles ici sont de vieux<br /> réservoirs à essence, ou des rats palmistes; au maximum, un moulin à bras sur lequel une femme du tribu Ohlone a eu l'habitude de moudre des glands.<br /> <br /> Et maintenant une question :<br /> La plaque commémorative pour le père de trois enfants -- est-ce qu'elle date à 1944, pendant la Deuxième Guerre mondiale, ou des ans de notre ère 44 ?
Répondre
M
<br /> <br /> N'allez pas croire que tous les parkings parisiens sont aussi intéressants ! Et ne sous-estimez pas les vôtres: on peut dire un tas de choses à partir d'un moulin à bras :-)<br /> <br /> <br /> La plaque rappelle bien un événement de 1944 (les combats de la libération de Paris). Nous n'avons pas l'usage US de mettre une apostrophe, comme '44. Et puis, 44 de notre ère, c'est vraiment<br /> très loin; il reste peu d'archives et de témoins de cette époque ;-)<br /> <br /> <br /> <br />
A
Non non, il me manque encore plein d'articles que je n'avais pas trouvé de prime abord ! Il faut un peu de temps pour arriver à s'y retrouver sur ce blog (fouillis volontaire oblige)...
Répondre
M
[mauvaise foi ON]Oh lui, hé ! on lui fait une table des matières, une liste d'articles complète, de l'aide, un tirage aléatoire ... et il trouve encore moyen de se plaindre ?[mauvaise foi OFF]Il est vrai que ce blog est assez, euh ... hétéroclite, dirons-nous. D'autant que je m'y suis lancé bille en tête sans forcément tout planifier : les idées se sont décantées au fur et à mesure que j'apprenais. Il est pour moi autant un exutoire qu'un exercice pratique de construction de site.Je veux le garder ainsi, avec ses deux-trois grands thèmes qui me ressemblent assez et entre lesquels j'alterne selon les jours, plutôt que de faire deux ou trois blogs thématiques "sérieux" : Paris, Css, mauvaise humeur et petits bonheurs.  Le défi est alors, évidemment, de ne pas égarer le lecteur. Je m'y suis attelé très tôt, par essais et erreurs successifs, mais il y a sûrement encore beaucoup à faire. Par exemple, j'ai créé un billet "spécial vos impressions" sur lequel personne n'intervient ! Ce doit donc être une mauvaise technique ...
A
J'aime beaucoup ces balades en ta compagnie dans Paris !Moi aussi j'aime l'idée que ce mur médiéval continue à assurer sa fonction de mur, que la vie moderne l'ait intégré sans le détruire, mais sans l'icônifier non plus... C'est ce que j'aime dans ce coin de Paris : ne pas se sentir dans une ville musée plongée dans la naphtaline, mais dans une ville vivante ! On ne peut malheureusement pas dire la même chose de tous les quartiers de la capitale...
Répondre
M
Hééééééééééé oui...(ma parole, tu es en train de tout relire depuis le début, ou quoi ?)
P
Merci de cette balade sur les traces de l'enceinte de Philippe Auguste, j'ignorais que l'on pouvait la suivre ainsi quasiment tout autour du vieux Paris. On en voit quelques pans emerger dans certaines rues.
Répondre
M
Ah mais ... tout ce qu'on peut suivre facilement, c'est son tracé sur un plan !En marchant dans ces rues, on peut imaginer et c'est déjà beaucoup.Mais pour voir ce qui en reste, il faut parfois beaucoup d'attention, savoir profiter d'une porte ouverte, interpréter la disposition des maisons : on construit une  maison de travers dans un recoin de la muraille, la muraille disparait mais pas la maison, une maison voisine se construit dans l'empreinte laissée, et ainsi de suite...Bref, il faut juste penser à regarder autre chose que les trottoirs et les feux rouges ;-)