Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"
Encore le métro.
Au fil des ans on l'apprivoise, on y trouve ses marques, ses stations préférées, on y accumule des souvenirs.
Le plus souvent on y circule, de temps en temps on y observe – les gens, les sons, les odeurs.
On en connaît les usages tacites, les bons et mauvais côtés, le rythme sans surprise – il faut au moins une grève pour se rappeler à quel point on compte dessus sans y penser.
Pour peu qu'on soit curieux on prend le temps de lire, en attendant sa rame, les panneaux historiques que pose la RATP un peu partout depuis une dizaine d'années – encore que cette façon de mâcher le travail affadisse un peu, à mon goût, le plaisir de l'exploration et de la découverte, partagées plus tard avec une admiratrice assez généreuse pour feindre l'éblouissement.
Si l'on se pique au jeu on se documente, on monte petit à petit une jolie bibliothèque de léger maniaque ; en fouinant un peu c'est assez facile. On en apprend l'histoire, plus mouvementée qu'il y paraît. On apprend à reconnaître les familles de stations, de la brave petite station de quartier sans histoires aux énormes layrinthes de correspondance en passant par les stations à grand spectacle, décorées en reflet du monde de la surface – il en est de fort belles, la Régie prend soin de ses usagers.
Et puis, un jour, on se laisse surprendre...
La station Porte de Vincennes
se trouve sur la ligne 1, ce qui en fait une des plus anciennes du réseau. Elle a d'ailleurs conservé son revêtement de carrelage de 1900, nettement moins lumineux que l'actuel. Elle est aussi l'ancien terminus de la ligne (prolongée depuis jusqu'à Vincennes), il lui en reste un volume imposant. Aujourd'hui ce n'est plus qu'une station parmi d'autres et ce vaisseau désert, trop vaste, presque obscur, n'incite pas à flâner.
Ces derniers temps, comme elle le fait périodiquement pour toutes ses stations, la RATP a entrepris d'en rénover les quais et commencé par déposer l'habillage des parois. Brusquement, dans un paysage de désolation paisible, tout un passé d'affiches est revenu au jour.
Collées à même la peau des murs certaines, placardées une fois pour toutes, restent lisibles :
Permanence du règlement…
Ailleurs, un mille-feuilles aux strates toutes semblables révèle, lignes sautillantes, mots désarticulés, que la REGI(e) AU(to)N(om)E DES TRANSPORTS PARI(siens) propose des (si)TUAT(ions) de (c)HE(f de) TR(ai)N ou de (re)CEVEURS D'A(uto)BU(s).
Si vous êtes intéressé :
Mais quelle stupéfaction lorsque, traversant d'un pas énergique le glorieux scintillement du papier lacéré, se jouant du temps et des plaques de station, s'est avancé, beau comme l'antique, sourire radieux et bras ouverts, un maître d'hôtel en grande tenue venu m'offrir une soupière de Viandox :
Mais où sont les neiges d'antan ?