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Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"

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Communiquons (poil au menton)

Quand on se mêle d'exposer quelque chose, une pratique bien connue des formateurs de tout poil est de s'y prendre à trois fois :

  1. dire qu'on va dire : annoncer l'objectif du topo, exposer son plan, etc. .
  2. dire ;
  3. dire qu'on a dit : résumer les propos tenus, les reformuler…

L'expérience montre que ça marche plutôt bien, et que c'est un minimum sans lequel on doit revenir en permanence à des questions déjà traitées.

Cependant c'est une situation bien particulière et dissymétrique : l'auditoire, réputé consentant, s'attend à l'exposé et l'écoute avec un minimum d'attention. Note : je sais bien que l'enseignement est un cas parfois très spécial, mais la dissymétrie y demeure, même chahutée.

Dans le cas général, en revanche, un quelqu'un s'adresse à un autre quelqu'un pour (tenter de) lui transmettre quelque chose. Ça vous concerne, ne niez pas : vous aussi, de temps en temps, vous conversez avec vos semblables. Les éventuels lecteurs trappistes sont aimablement invités à se faire connaître auprès de la rédaction.

Mon expérience, ô combien concrète, montre qu'il faut alors passer de trois à au moins cinq exemplaires :

  1. une première fois parce qu'il faut bien commencer,
  2. une deuxième fois parce qu'on n'écoutait pas,
  3. une troisième (optionnelle selon QI) parce qu'on n'a pas compris,
  4. une quatrième parce qu'on est déjà d'un autre avis (*) dont il faut d'abord discuter sous peine de passer pour intolérant et mauvais coucheur,
  5. une cinquième fois pour, après répétition à l'identique, aborder enfin le sujet.

Et pour vous, comment cela se passe-t-il ? Est-ce moi qui suis particulièrement obscur, ou maladroit, ou impatient, ou irritable ? Ou qui commets l'erreur de prendre les mots au sérieux ?


(*) je me suis fait plaisir sur la question dans cet article que je ne renierai pas de sitôt !
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A
J'étais passé en septembre dernier (à l'epoque il y avait un post avec le défi de le décoller, ce à quoi je m'étais attelé, sans le moindre succès...).
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M
Ouh mais c'était les enfances du héros, cette époque-là ! J'ai écrit le premier article le 16 juillet 2006, totalement ignare en HTML et CSS - alors oui, ça a sûrement changé !Le Post it de l'époque était indécollable à proprement parler : il suffisait d'aller sur une autre page pour le faire disparaître puisque c'est le message d'accueil.....(lamentable, je sais .....................)
A
Salut Brendufat, Je redécouvre ce blog qui a bien changé depuis ma dernière visite. Bravo pour les articles, c'est vivant et chaleureux. Tu parles dans cet article-ci de la chaîne d'inférences, qui décrit les étapes de la communication entre deux personnes : 1) tu as une idée en tête, que tu veux faire connaître à ton interlocuteur ; 2) tu exprimes cette idée par des mots, qui sont la projection plus ou moins imparfaite de ton idée dans le domaine du langage ; 3) ces mots arrivent aux oreilles de ton interlocuteur, plus ou moins fidèlement transmis par le médium entre vous deux ; 4) ton interlocuteur interprète ces mots, c'est-à-dire qu'il y associe un sens qui, selon sa disposition d'esprit et ses références propres, correspond plus ou moins bien à ton idée à toi ; 5) cette idée provoque une réaction dans le cerveau de ton interlocuteur, qui la formule dans son langage à lui ; 6) cette réaction exprimée voyage à son tour entre sa bouche et tes oreilles, tu l'entends puis l'interprète à ton tour. Dans chacune de ces étapes, il peut y avoir un grain de poussière qui fait dérailler la conversation. L'art d'un bon communiquant consiste à prévoir les inférences qui vont se produire chez son auditeur, pour choisir les mots qui vont le mieux possible faire absorber son message. La base d'une bonne communication, c'est l'écoute ! Autrement dit, il faut toujours écouter ceux qui ne nous comprennent pas.
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M
Tout à fait d'accord, et je ne peux que répéter ce que j'ai dit à Anna : il serait inepte de s'attendre à une compréhension immédiate. Comme tu le dis, les emplacements pour grains de poussière sont très nombreux !Se parler, c'est un effort et un échange - peut-être un échange d'efforts ? En tout cas, une affaire sérieuse, même quand le sujet ne l'est pas : le plaisir de se raconter des blagues pourries dépend aussi de l'interlocuteur .Je crois être d'une grande patience envers un interlocuteur de bonne foi (je ne parle pas d'indulgence ni d'approbation, ni même d'intérêt). Je bous face à la surdité sélective et à la désinvolture ! Il ne faut pas chercher autre chose dans ce papier.-----"Bien changé depuis ta dernière visite", dis-tu. Mais à quels temps z-héroïques z-et-reculés fais-tu donc allusion ? :-D
A
Je peux me tromper, mais je crois que c'est plus dur qu'il n'y parait de mettre ce qui se passe dans ta tête en mots pour le passer dans la tête de quelqu'un d'autre... Vois si toi tu comprends toujours du premier coup ce qu'on veut te dire.
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M
Merci de réagir. On ne peut bien sûr ni tout piger du premier coup ni se faire comprendre de même, et je serais bien niais de l'espérer.Mais on peut (et, à titre personnel, je crois qu'on doit) au moins, faire attention à ce qui se dit ou tente de se dire - ce qui n'oblige en rien à l'approuver. Ce qui, au fond, m'irrite et qui est fréquent, c'est la réponse à côté, le "bon mot" sans rapport, le culte du dernier mot, du "je le savais déjà" - d'où le renvoi à mon "exégèse". Oui je sais : je suis un emmerdeur ... ;-)