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Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"

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Conte malgache

Saisi au vol sur France-Inter ce matin. Il va manquer les détails, voici tout de même l'essentiel - le cœur.


Une femme (belle, mystérieuse, surnaturelle) vivait entre les arbres ? entre les reflets ? entre les mots ?

Un jeune homme (beau, astucieux, intrépide) parvint à l'apercevoir. En marchant sur son ombre ? En guettant le crépuscule ? En écoutant le silence ?

Il lui dit :  Je t'ai vue, tu es à moi, épouse-moi. 

Elle répondit :  D'accord, tu as gagné, je t'épouse. Mais d'abord… 

(et là on sort des sentiers battus)  … d'abord apporte-moi le cœur de ta mère. 

Comment dit-on  zut !  en malgache ?

Il tua un mouton, lui en apporta le cœur :  Ça pue trop, c'est pas le cœur de ta mère. 

Il tua un zébu, lui en apporta le cœur :  Ça pue trop, c'est pas le cœur de ta mère. 

Il tua une vieille femme, lui en apporta le cœur :  Ça pue trop, c'est pas le cœur de ta mère. 

Il tua une jeune femme, lui en apporta le cœur :  Ça pue trop, c'est pas le cœur de ta mère. 

Il tua des femmes, des hommes, des vieillards, des enfants, et toujours :  Ça pue trop, c'est pas le cœur de ta mère. 

Enfin il apporta le cœur de sa mère :  Comment veux-tu que j'aime un homme qui tue sa mère ? 

Et elle disparut à jamais.

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M
Ha je réalise: mais bien sûr que Ss ca fait sécurité sociale: tu croyais quoi d'autre?Je parlais de faits sociaux, donc...
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M
<br /> :-)<br /> <br /> <br />
M
"pour autant, ça reste le cliché de la femme perverse et manipulatrice,"<br /> => que nenni, c'est juste une question logique de transfert d'humiliation et/ou d'utilisation de plus 'faible', économiquement parlant, par ex, que soi.<br /> Quant à utiliser le cliché du féminin, c'est pas pervers, c'est ce qui est induit par le système social en place.<br /> De même que des hommes utiliseront le cliché du masculin dans des circonstances diverses.<br /> Et que ces clichés là -disons séréotypes- sont très agissants parce qu'institutionnalisés et généralement pensés (et renforcés comme tels) en termes de confrontation.(rapports de force, cf ci haut)<br /> On n'est pas rendu-e-s.
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M
Moui, c'est une morale version leçon de.. (vous en aviez, vous aussi, tous les lundis matin, avec phrase à copier dans le 'cahier du jour'?).<br /> Mais sinon rapidos:<br /> ben oui bien sûr qu'on est dans une relation de pouvoir, et de désir de, vous voyez bcp d'autres types de relation f/h instituées (je dis bien instituées, au sens où ça peut relever de la légalité comme de la mentalité générale) dans la majeure partie des civilisations?<br /> Donc on en revient au pbme précédent.<br /> J'ajouterais que, comme souvent, une femme pour obtenir de la facilité de vie ou simplement du pouvoir, va utiliser.. une autre femme (ou les armes de l'archétype féminin, en somme, une autre femme que soi).<br /> Et donc pour obtenir aussi une reconnaissance perso, taper sur le 'féminin' comme archétype de toutes les femmes- cf la réaction de la journaliste.<br /> Syndrome de stockholm (ca fait SS, hein?)<br /> On n'est pas rendu-e-s.
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M
<br /> Leçon de... ? Possible, ce n'est que ma vision du suc de cette histoire, vision évidemment partielle, erronée pourquoi pas, sincère malgré les phrases. Ménager son-sa voisin-e n'est pas un réflexe<br /> et, s'il faut des leçons pour ça, va pour les leçons.<br /> Qu'en outre cette histoire soit une histoire d'homme et de femme(s) n'est pas indifférent, qu'elle charrie donc plusieurs significations pas toutes édifiantes n'est pas surprenant, il m'a semblé<br /> qu'elle n'était pas que ça, pas principalement ça. C'est peut-être là-dessus que nous divergeons ? Si l'image des femmes ici peut prêter à discussion (en tout cas elle fait discuter) celle de<br /> l'homme est claire : il est méprisable, tout en force brute.<br /> (au passage : merci de rappeler que les institutions ne sont pas une fatalité :-) ). Je ne suis pas forcément d'accord (mais c'est un détail mineur) avec le "comme souvent" : utiliser un homme<br /> contre un autre n'est pas rare non plus - pour autant, ça reste le cliché de la femme perverse et manipulatrice, armes des faibles, et ce cliché est détestable.<br /> Pour le reste... SS est aussi bien Sécurité Sociale, il faut être prudent avec les associations d'idées...<br /> <br /> <br />
A
Rah mais tu pouvais pas la garder pour toi, cette réaction !!! Grouh!<br /> :p
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M
<br /> Héhéhé... je suis joueur ! :-D<br /> <br /> <br />
A
Ah ben voilà, ça valait le coup d'attendre. J'allais te demander pourquoi tu dis qu'il n'écoute pas la femme mais je suis d'accord pour dire qu'il écoute surtout son désir, en dépit de tout bon sens, puisque ne lui vient même pas cette idée de protester ou, du moins, de négocier (ce que disait Anna en quelque sorte).<br /> Je m'aperçois avoir un peu zappé ses premiers mots qui sont du registre de l'exigence et du pouvoir, il lui est répondu sur le même registre et c'est le piège... <br /> Peut-être faut-il effectivement comprendre de l'intérieur l'optique de l'homme-"chasseur" pour comprendre cette leçon, mais bon, on retombe dans les clichés ou, tout au moins, dans des trucs qui m'échappent (bien que je fasse des progrès).
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M
<br /> Leçon possible : ce n'est pas une histoire d'amour mais de convoitise...<br /> On n'enseigne pas assez à distinguer ces deux choses, aux hommes comme aux femmes, je le crains.<br /> Intéressante aussi la réaction de la journaliste qui se faisait raconter l'histoire (par un homme). Elle ne pouvait bien sûr pas dire n'importe quoi, ni se récrier, elle a choisi de dire "Beau<br /> portrait féminin" - j'avoue ne pas m'y être attendu, y sens pourtant une part de vérité.<br /> En tout cas cette historiette d'à peine quinze lignes fait causer :)<br /> <br /> <br />
A
@Meb, ouais !<br /> <br /> @Anna, mouais...<br /> <br /> Voilà, voilà... ;)
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M
<br /> à vous, les studios !<br /> <br /> <br />
A
On pourrait aussi lire que décider de faire partie d'un couple n'implique pas d'abandonner toute sa liberté, son libre arbitre ? Je le lirais bien comme ça, en tout cas.
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M
<br /> Il ne cherche pas à faire un couple mais à gagner un trophée... Grosse erreur d'appréciation.<br /> <br /> <br />
M
Ben, en l'occurrence, j'abonde en ton (tes) sens, Ardalia. <br /> (je sais, ca va pas aider bcp)
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M
<br /> cf donc la tartine précédente :)<br /> <br /> <br />
A
Bien, sûr, ce n'est pas la seule lecture, mais en l'occurrence, je n'en voir aucune qui ne soit pernicieuse. Le désir qui transforme l'homme en imbécile puis en monstre, la "solidarité" féminine placée sous le signe du meurtre... Je veux bien que cela parle à l'imagination, mais dans un sens qui me fait peur. Tout conte a une morale, quelle est-elle, ici, que l'homme ne doit pas écouter les exigences de celle qu'il désire? Que les femmes sont impossibles à satisfaire ? Que belle-doche n'est pas un métier d'avenir...<br /> Je comprends bien qu'i faudrait voir que le type rechigne à tuer sa mère et c'est ça qui est beau. il me semble que c'est léger-léger... <br /> M'enfin si une de ces dames lectrices voulait bien donner son avis ?
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M
<br /> La vigueur de ta réaction me désarçonne un peu mais fait gamberger. Donc : merci :-)<br /> D'abord : le mot "morale" d'un conte ou une fable, s'il est consacré par l'usage, me semble équivoque. C'est une morale au sens où ça parle des moeurs mais ce n'est pas forcément moral (conforme à<br /> la justice, règle de bonne conduite). Même nuance entre un moraliste et un moralisateur. Le mot enseignement ou leçon (parfois rude) serait plus clair : "la raison du plus fort est toujours la<br /> meilleure" c'est injuste, immoral, un peu désespérant, mais bon à savoir.<br /> S'il y a une morale ici, elle pourrait être justement "n'oublie pas la morale" : pour avoir traité la femme comme un gibier et ses victimes (mère incluse, au final) comme de la viande, le type se<br /> retrouve doublement puni, et seul. En parlant de lien (terme trop large) et pas de solidarité entre la femme et la mère, je pensais à ça. L'homme du conte n'écoute pas les exigences de celle qu'il<br /> désire : il écoute d'abord son désir, le reste est conséquence. Il use de l'une et l'autre comme de matériau cru docile, maîtrisable, se comporte comme s'il était la seule personne d'importance<br /> (définition de l'égoïsme), en propriétaire de l'une et l'autre, et se retrouve sans personne - richesse du mot. Pas pour rien que l'égoïsme est un péché capital (=la "tête", l'origine des autres)<br /> et pas le meurtre (qui reste pourtant une mauvaise action).<br /> Belle-doche n'est pas un métier facile et il faut bien réfléchir avant de tuer sa mère... Bien que ce conte repose sur ce qu'on peut juger des clichés misogynes (et ton irritation s'explique) le<br /> réduire à un lourdaud  "Ah les bonnes femmes" me semble un contresens.<br /> Discussion difficile parce que je suis homme et toi femme, que nous pouvons donc nous soupçonner mutuellement de parti pris (même inconscient, inévitable, gnagnagna) à propos d'une telle histoire.<br /> Mais comme je crois que nous n'aimons ni l'un ni l'autre les solutions de facilité y a de l'espoir...<br /> <br /> <br />
A
Et voilà comment on perpétue les mythes pernicieux sur l'infâme manipulatrice lunatique et l'imbécile solaire naïf.
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M
<br /> C'est une possibilité de lecture : il est vrai que rares sont les contes où l'homme se joue de la femme - ou alors c'est une méchante et c'est bien fait pour elle.<br /> Celui-ci parle aussi des fils et des mères : s'il y a pas mal de méchants parents ou parâtres dans les contes on y trouve peu de rejetons meurtriers. Il me semble qu'il parle aussi du lien entre la<br /> femme et la mère, de l'aveuglement par le désir... bref c'est un conte, donc pas un récit insipide :-)<br /> <br /> <br />