Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"
De retour après quelques jours au pays natal.
Parti sous la pluie au moment où un cadavre chantant faisait oublier tous les autres, parti prêter deux yeux à ma vieille mère mettant de l'ordre dans ses affaires pour un prochain cadavre (le sien, car elle a le sens des réalités), affaires dérangées par un autre cadavre venu plus tôt qu'attendu. Ce furent de très bonnes journées de travail, de rires, de bavardages, de souvenirs. De promenades aussi, dans des rues connues depuis l'enfance et que je regarde avec plus d'attention maintenant que je n'y vis plus.
Revenu au soleil chez ma vieille copine la gare de Lyon – il y a longtemps que seules les gares m'attendent sur le quai. Peu chargé, j'ai eu envie de retrouver doucement ma ville en marchant jusqu'à chez moi – trois petites bornes, je pense. Le plaisir fin d'improviser son trajet, de choisir ses rues avec le plan en tête, de passer au dernier moment par telle venelle qu'on redécouvre, ombragée, bien plus agréable et à peine plus longue que le boulevard tiré au cordeau… un bien-être indéfendable, la joie douce de retrouver ce qu'on aime, qui vous accueille avec cette bienveillante indifférence qu'on prendrait presque pour de l'affection… euphorie amoureuse.
Et, guet-apens, voilà qu'un mur m'offre Rimbaud : A noir, E blanc…
C'est bien ça : innamorato…