Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"
3 heures du matin.
Puisque je n'arrive pas à dormir, autant m'occuper utilement – en allant chercher un peu de fraîcheur sur le balcon, par exemple.
Le ciel est de velours noir comme il peut l'être à Paris – jamais complètement noir, les feux des avions cherchent à se faire prendre pour d'étranges étoiles mouvantes, même la lune a renoncé à lutter contre les réverbères. Mais c'est l'heure où, chaque nuit, la ville reprend un peu son souffle sans vraiment dormir, et le passage du 14 juillet a considérablement calmé mon quartier sans touristes.
La rumeur lointaine du boulevard périphérique s'est presque tue, pas de voitures dans les rues. Jusqu'au d'habitude inévitable cyclomoteur débridé et pétaradant qui manque à l'appel : son conducteur doit parader dans la cohue d'un bord de mer. Il n'y a guère que le ronronnement obstiné de la climatisation installée sur le toit de l'hôtel d'en face pour tuer le silence. Mais j'en ai tellement l'habitude, maintenant…
Ce vers d'Apollinaire me revient souvent :
Cette nuit serait plutôt cuitée au tilleul-menthe – que l'enseigne de ce satané hôtel aurait encanaillé d'une goutte de curaçao bleu :
Quelques heures plus tard, l'oeil toujours ouvert, je vois le velours presque noir se changer en soie nuancée.
Aurais-je confondu caféine et curaçao ?
La journée s'annonce très longue…