Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"
Toujours une histoire de métro.
Il n'y a pas forcément plus de gens dans le métro que dans une rue mais… J'allais écrire on ne croise pas forcément plus de gens
mais justement, tout est là : on ne les croise pas.
Coincé dans le même habitacle qu'eux pour quelques stations on est forcé de se décider : les voir ? les ignorer ? Que l'on voyage seul, en compagnie humaine ou écrite, la question se pose toujours. Souvent je choisis de voir, parfois je regarde lors même que, délicatesse ou hypocrisie, l'œil semble vagabonder dans le paysage de la rame.
Elle tenait une barre d'appui – et d' appui
la barre méritait d'être nommée tant la fille – jeune, si jeune – respirait la lassitude. Elle était en noir et blanc : le teint crayeux, le cheveu obscur, la vêture assortie. Le poids du monde voûtait ses épaules, affaissait les coins de sa bouche, creusait son dos, brouillait son regard. Toute une composition minutieuse, protestation contre un univers hostile : que d'efforts pour montrer son désintérêt… Le foncier désespoir s'excuse de déranger et passe inaperçu, je crois bien.
Vêtue de noir, donc. Pas de cuir ni de métal, l'ethnologue amateur en conclut puella gothica plutôt que dominatrice carnassière. Des gants, des gants de maille noire évidemment. Sur le dessus de ces gants le dessin des phalanges et métacarpiens – leur couleur vert pâle révèle la peinture phosphorescente.
Ce devrait être macabre mais leur côté Bouh fais-moi peur
, tout droit venu de la boutique de farces et attrapes qui les a peut-être vendus, me rajeunit terriblement. Petite fille qui se cherche.
Qui se cherche d'autant plus qu'au moment de sortir de la voiture elle lâche la barre, dans ce mouvement montre son poignet comme une audacieuse de 1900 découvrait sa cheville.
Autour du poignet se noue quelque chose.
Un adorable petit kiki.
Rose fluo.
Je lui aurais bien claqué une bise toute paternelle pour lui remonter le moral – et lui donner la joie tonique de me rembarrer.