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Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"

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Deux esquisses de vieilles dames

Au marché, ce matin frais et ensoleillé – un de ces jours je vous le raconterai plus en détail, il y a de la matière – au marché donc, votre serviteur attendait son tour de causer carottes et betteraves avec le maraîcher, sorti tout droit de chez René Fallet ou Marcel Aymé et de Seine-et-Marne. Ce marché, j'y vais toujours pipe au bec : et d'une, parce que j'aime ça, et de deux, parce que je sais que sans cela les commerçants seraient très inquiets pour ma santé (et de trois, parce que ça contrarie les chaisières et les ligues de vertu).

Donc, un bout de bruyère au coin de la lippe, lâchant de discrets nuages de fumée, j'attendais mon tour à côté d'une dame, à vue de nez une conscrite de ma vénérable maman. Une petite vieille dame bien droite, je la dépasse de deux têtes, enveloppée dans un net et confortable manteau marron, un béret assorti posé sur la caboche. De grosses lunettes, la mine attentive et décidée guette le moment où le vendeur s'occuperait d'elle : le genre qui n'y voit plus très clair des yeux, qui n'a plus d'illusions sur l'humanité mais dont la cervelle tourne toujours à 6000 tours. Elle attendait pour ses choux-fleurs, moi pour mes carottes : deux professionnels étrangers l'un à l'autre, rien à nous dire. Et la voilà soudain qui se tourne de mon côté, lève le visage vers le (très relatif) grand garçon, lui dédie un radieux sourire et un tout spontané :  Oh, ça sent bon la pipe ! . Madame, je vous aime !

Plus tard dans l'après-midi, il tombe des cordes. Mes lunettes de myope n'ont pas d'essuie-glaces, autant dire que les silhouettes ne deviennent des personnes que lorsque j'ai le nez dessus. Justement voilà une silhouette que je saisis au moment de la transformation. Encore une vieille dame, mais beaucoup moins classique que celle du matin : vêtue de velours prune, un calot afghan sur le crâne, une écharpe rose. Bien moins ingambe aussi : elle se débat avec un déambulateur. Et, à sa façon, tout aussi spontanée : un magnifique havane planté au coin du bec lui soutient le moral. Madame, je vous aime aussi !

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A
Après une navigation laborieuse (tout se mérite), j'ai le grand bonheur de vous rejoindre au marché, un petit havanitos aux lèvres, telle une fleur .
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I
<br /> Mais qu'ont-ils tous à parler de navigation laborieuse ? Roo... :)<br /> Bienvenue au club des écumeurs d'étal !<br /> <br /> <br />
R
Merci. Cellini ! comme le sculpteur et l'opéra de Berlioz. Il faudra donc que je teste...<br /> En ce qui concerne l'extinction (donc) de la pipe, il doit bien y avoir autre chose que le rejet de la manip, de l'entretien ou du prix...peut-être est-ce un effet de mode (la bouffarde ferait ringard, mais alors cela dure depuis bien 30 ans) ou le refus d'un certain style, d'un comportement...A méditer.
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M
Oh mais, ça fait bien 30 ans en effet ... J'étais déjà un oiseau rare dans ma génération à cette époque loiiiiintaine ! :-D
R
Bon, naviguer chez toi se mérite...sourire...suis péniblement arrivé à deviner que c'était peut-être Dunhill. Je croyais que c'était uniquement une marque de cigarettes, et de pipes...<br /> As-tu une idée (je tutoie, me rangeant ainsi aux normes habituelles bloguiennes..) des raisons de la "disparition" de la pipe ? C'est quelque chose qui m'a toujours intrigué...
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M
Rhaalala ... La réponse est, en fait, là : c'est du Cellini. Dunhill est, au départ, une manufacture de stylos et d'articles pour nouslézom. De là ils sont venus aux pipes puis aux tabacs (coûteux mais irréprochables). La disparition ("extinction" s'impose ;-) ) de la pipe ? Le soin que ça demande et qui rebute bien des débutants, la mise de fonds initiale pour acquérir une bouffarde décente,le temps que ça prend (on n'en "grille" pas une en vitesse entre deux portes), le passage des modes, l'image de marque ... que sais-je ?
R
A chaque fois que je vais à Paris je trouve l'air de moins en moins respirable: je comprends mieux maintenant...<br /> Blague à part, quel est ce bon tabac ? (pour le cas où j'aurais envie de regarnir un peu ma pipe éteinte depuis des lustres).
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M
Un peu d'auto-promotion : la réponse est dans l' "index illustré" ! (avec article à la clé, par conséquent)
A
Je crois que j'ai fumé plus de ses cigares que mon père... Et la pipe au Mont Sainte Odile!... C'est chouette le non-conformisme.
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M
Sourire ... le coeur de tout, c'est de ne pas bouder son plaisir.
M
heu... comment dire... m'expliquer d'accord, mais je me porte pâle pour les T.P. :-) <br /> Koffkoff
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M
Tssss... petite nature ... oh que je suis déçu ! :-D
M
Bah dis donc, ça donne envie de vieillir, là.<br /> HA oui mais non: me mettre au havane... ça va pas être possible...<br /> <br /> :-)
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M
C'était peut-être un cigare de la Dominique - plus suave, moins entêtant. Faudra que je t'explique un de ces jours ... ;-)