Paris, photo, humeurs, un peu de HTML/CSS pour faire sérieux. Feinte innocence et vraie naïveté (ou vice-versa). Encore un blog qui agite ses petits bras en couinant "Viens me lire !"
Métro Odéon, lundi soir. Sortie dans la lumière électrique, le croisement des flux puissants de voitures, la cohue. Danton de bronze est toujours là, sur son îlot de trottoir, à l'emplacement de sa maison détruite lors du percement du boulevard Saint-Germain.
Toujours là, les étudiants qui se sont donné rendez-vous pour aller dans un des cinémas voisins. Toujours là aussi le distributeur de journaux gratuits, le marchand de bonbons et son étal de merveilles de synthèse, les marchands de fringues coûteuses et pas très bien coupées, les banques.
Emma je t'aime, reviens ! Signé : Paul. Rien de plus, Paul est clair et simple, comme le portrait au pochoir d'Emma, le coeur bien rouge et le fond tout blanc de son message.
Emma je t'aime ! Paul veut vraiment le faire savoir, il en a pris les moyens : toutes les affiches du carrefour le clament, agrafées deux par deux, recto-verso, à tout ce qui ressemble à un poteau ou un tronc d'arbre. Étonnante, la population d'arbres de bois ou de métal à ce carrefour.
Emma je t'aime, reviens ! Il me touche, ce Paul. Si seulement c'était vrai ? Indécrottable sceptique, je regarde une affiche de plus près : c'est de la bonne carte, proprement imprimée, pas de la photocopie d'étudiant fauché. Ça sent la publicité à étapes pour un film, le brillant concept issu d'une cervelle de publicitaire créatif. Demain, tu enlèves quoi ?
Emma je t'aime, reviens ! Ça sent le flan, le vent, le bran, l'argent.
Emma je t'aime… Tu m'as piqué une vieille idée jamais réalisée, j'avais autrefois rêvé de retapisser nuitamment la station de métro de mon Emma à moi. Elle s'appelait… elle s'appelait autrement. N'est-ce pas aussi un joli prénom ? Mais alors j'étais vraiment un étudiant fauché – et seul.
Emma, reviens.