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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 21:41

Article sans surprises.


Motifs de réjouissance :
manger un éclair au chocolat,
avoir des dents pour le mâcher,
avoir l'estomac pour le digérer ;
marcher d'un bon pas dans une journée lumineuse et fraîche,
avec de bons souliers aux pieds,
avoir des jambes ;
bavarder quelques heures avec quelqu'un qui aime votre compagnie ;
discerner les nuances du ciel au couchant,
avoir d'encore assez bons yeux pour ça ;
se faire accueillir d'un  Papaaa !  éclatant tandis que huit bras et quinze jambes vous agrippent d'un coup ;
prêter l'oreille au chant du moineau dans la cour,
avoir l'ouïe assez fine pour saisir son pépiement,
avoir une cour au pied de sa maison,
avoir une maison ;
recevoir un gentil coup de fil de la porteuse des bras et jambes (depuis longtemps revenus à un effectif plus raisonnable) ;
prendre le temps de bourrer sa pipe (ne me dites pas que vous n'attendiez pas celle-là),
avoir du tabac à y mettre,
avoir deux mains encore assez adroites pour ce travail,
avoir le temps de savourer le résultat.

Tant d'autres…


J'ai d'abord aimé ces moments-là parce que : c'est booooon ! tout simplement. Chacun connaît cette raison depuis sa naissance, bien sot qui dédaigne les raisons simples.

Avec quelques secs coups de bâton sur la tête, la vie m'a ensuite fourni une deuxième raison de ne pas négliger ces bonheurs : on n'en connaît la durée qu'après la fin.

En deux ou trois coups de surin elle m'a finalement enseigné la troisième raison, la plus discrète, la plus solide : on ne sait pas quand viendra la prochaine fois, on ne sait pas s'il y aura une prochaine fois.  Dis, quand reviendras-tu ? 

Ne m'attendez pas sous l'orme : il n'y a plus d'ormes en Europe, rappelait le journal dernièrement – je n'apprendrai jamais à les reconnaître.


Il y a un beau soleil dehors, je sais que mon assiette sera pleine ce midi, j'ai même trouvé un bureau de tabac joliment approvisionné (bien qu'il ne soit pas achalandé comme il le mériterait), ma grande petite a du tact.

Certainement ça ne rachètera pas la laideur du monde, certainement emmerdeurs et pisse-vinaigres, infaillibles et omniscients me compliqueront encore la vie – mais ils ne la gâcheront plus, font pas le poids pour ça.

En somme, le roi n'est pas mon cousin.


Par une coïncidence curieuse, tandis que je mettais cet article au point, Anna en publiait un de la même veine sur la douche. Salut, l'artiste !

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