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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 15:31

Il y a un moment que j'ai un téléphone portable – un long moment, fin 1995 pour être précis. À l'époque, pour le jeune papa trop mobile que j'étais, mais soucieux d'organiser au mieux le comité de réception d'une UM à laquelle je tenais beaucoup, c'était la meilleure solution, bien que les forfaits ne fussent point donnés et les appareils, du gabarit d'un vibro-masseur de bonne taille (pardonnez la comparaison mais je me rappelle avoir vu passer une illustration, euh… non conforme aux spécifications techniques de l'objet).

Depuis les prix ont baissé et les appareils, perdu de l'embonpoint. J'en ai eu plusieurs, on m'en a volé un, un autre est tombé en panne, un troisième est tombé aussi, mais dans les chiottes (ne portez JAMAIS un téléphone à la ceinture, jamais), les points de fidélité m'en ont fait remplacer certains… Bien.

L'avant-dernier était fabriqué par SingSing, le chaebol bien connu. Un appareil de leur gamme Astronomy tout beau tout banal, avec un écran tactile encombré d'icônes que je n'ai, pour la plupart, jamais touchées, un appareil photo que je n'ai jamais dérangé… bref, un smartphone. Beaucoup plus smart que moi, au demeurant : j'ai dû lire 20% du manuel (disponible uniquement sur le Ouèbe), comprendre l'intérêt de 5% des possibilités et en utiliser au grand maximum 1%. Mortification supplémentaire : en m'échinant à écrire des SMS sans fautes sur ce #*?$ de clavier affiché à l'écran, je me suis découvert de gros doigts patauds. Grr… Fouiner un peu m'apprend que d'autres utilisateurs jugent aussi ce clavier trop petit (je me sens mieux) et que, si le nom de ce modèle se termine par '-Y', c'est pour dire young. Enfin tout s'explique : je ne suis ni young (ça, je commençais à le savoir) ni smart (ça, je m'en doutais un peu). Soit – ne restait plus qu'à cohabiter avec l'irritant machin.

Et puis, dernièrement, j'ai changé encore une fois d'appareil. Instruit par l'expérience, je l'ai choisi avec de vraies touches pour mes doigts agiles et fuselés (non mais !). D'une marque que je ne connaissais pas, mais sans complications superflues.

Pressé de passer quelques appels, je constate que l'écran est dégagé et le texte, bien gros : on doit pouvoir ajuster ça, non ? De fait, en cherchant dans les menus, je tombe sur le réglage souhaité. Seulement deux choix possibles : 'normal' et 'grand'. Et l'appareil est réglé sur 'normal'… Ah.

Voyons alors si on peut condenser les menus : quatre choix seulement par écran, c'est un peu du gaspillage. Re-plongée dans les menus, re-découverte des options : 'texte' ou 'icône'. L'appareil est sur 'texte', voyons ce que donne 'icône'. Consternation : plus qu'un choix par écran, avec une énorme icône et un texte aussi volumineux qu'avant (peut-être même un peu plus).

Je commence à me poser des questions, il est temps de potasser la notice. Bonne surprise en ouvrant le coffret : le mode d'emploi est en papier ainsi qu'en Français/Deutsch/Italiano/Nederlands – le français est même très convenablement rédigé. Je musarde un peu dans la table des matières : tiens, on parle de prothèses auditives. Et c'était quoi, le bouton bien en évidence sur une des faces, avec un petit micro juste à côté ? C'est la touche d'assistance. Jamais vu ça auparavant : une aide en ligne, peut-être ? Hé bien non : ça permet d'appeler plusieurs numéros l'un après l'autre en cas de détresse, par exemple une société de télésurveillance. Pas bête mais…

Si je mets tout bout à bout : gros texte, grosses touches, grosses icônes, prothèses auditives, appel de détresse… la vérité éclate : cette fois j'ai choisi un téléphone de vieux !

Bon, c'est le moment de positiver : je suis en avance sur mon temps, voilà tout.

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