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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 15:26

… sont un grand classique de la râlerie. On devait déjà s'engueuler sec, sept ou huit mille ans avant JiCé du côté de la pêcherie de Bercy :  Alors tu la bouges, ta barcasse ? T'attends quoi, la marée ? . En fermant les yeux on s'y croirait… Pour en savoir plus il faut aller voir les pirogues néolithiques trouvées à Bercy, visibles au musée Carnavalet – très recommandable musée, et gratuit par-dessus le marché.

Pour un témoignage plus récent il suffira d'un ancien champ de manœuvres, du côté de l'École Militaire. Qui dit  militaire  a longtemps dit  canasson , la cohabitation du cavalier en uniforme et du piéton en veston demande un effort d'organisation. En témoigne, dans une contre-allée, cette pancarte :

Info cavaliers - Champ de Mars (Paris VII)

Elle prouve au moins deux choses. D'abord qu'avant Decaux on ne craignait pas de soigner la décoration, ensuite que la modération n'est pas consubstantielle au cavalier urbain.

Sous son charme vieillot, son apparente clarté, elle montre aussi une parfaite étrangeté au promeneur contemporain. Regardons.

Pas un seul cheval à l'horizon, pour commencer – ça, c'était facile.  Des fleurs, des feuilles et des branches  quand notre regard ne connaît plus que la plaque de tôle. Cette verdure de fonte ne froissait pas une Belle Époque qui, simultanément, brocardait de bon cœur un Art Nouveau pourtant tout aussi végétal :  style nouille  et autres amabilités. Mais Guimard et ses pareils n'ornaient pas, ils transformaient en plantes et brouillaient les frontières. Là gisaient le scandale et la subversion. Chacun et chaque chose à la place qui lui revient depuis toujours, n'est-ce pas l'évidence même, chère amie ? Guimard eût peut-être fait pousser une large feuille au bout d'une tige flexueuse, qui sait ? L'injonction aux cavaliers se fût dessinée en filaments blancs, galeries d'on ne sait quelles larves aveugles.

Justement, cette phrase est la plus discrète incongruité : des mots, des mots écrits en français. Et alors ? Il ne s'agit pas d'une affiche ou d'une enseigne que l'on pourrait renoncer à comprendre, mais d'un ordre – poli mais impératif.  Hé là-bas, vous n'avez pas lu le panneau ?  Témoin d'une époque où un grand voyage emmenait dans le Périgord ou, au plus, en Italie. En nos temps de charters venus du bout du monde, il y aurait ici un dessin, un signe conventionnel.

Tout ça dans une plaque au sommet d'un mât…

(et je ne vous parle pas du travail de retouche sur une photo aussi contrastée)
par Bren du fat ! - dans Coups d'œil
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commentaires

sav 01/07/2010 15:32


c'est vrai que ce pannonceau a plus de gueule que ses copains sens interdits et autres...


Malgré tout 01/07/2010 16:20



N'est-ce pas ? Un tel objet peut emmener loin...



Anna 01/07/2010 10:14


Si on en juge par l'allure des vélocipédistes et trotinettistes de nos jours, la non-évidence de la modération y compris sur des territoires partagés avec les piétons ne m'étonne guère, je dois
dire.
Mais c'est vrai que ce panneau a de la gueule. :-)


Malgré tout 01/07/2010 16:18



J'allais te répondre lorsque, au vu de la longueur, j'ai préféré ajouter quelques paragraphes à l'article... ;-)



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