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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 17:02

Lorsque, sorti du métro Jussieu, on se trouve face à la Faculté des Sciences, maintenant désamiantée, on se sent forcément un peu scientifique. Donc on observe – scientifiquement – l'environnement.

Ce jour-là, à des signes ténus, presque imperceptibles : doigts bleuis, orteils congelés, divers appendices désensibilisés… on savait qu'il faisait froid.

Ce qu'il ne faut pas méditer, tout de même, pour tuer le temps sur un îlot de trottoir en voie de sibérianisation intégrale en attendant sa scientifique gamine… ah, la voilà ! Découvrir le ciel blafard et la neige tombée de la veille sembla l'enchanter. Elle venait de passer la matinée dans un univers rendu sépia par le port de lunettes de protection contre le laser – retrouver un monde en couleurs, même hivernales, était un cadeau précieux.

Sur ces fortes considérations nous entrâmes chez l'Aveyronnais (Cantalou, plutôt) d'en face. Il s'agissait de nous remplir la panse, nous mettre mutuellement en boîte, rester sérieux trente secondes pour déterminer la meilleure manière d'aller du point alpha au point omega par le métro et le bus, selon le jour et l'heure… toutes occupations fort agréables.

Lasagnes avalées, café bu, elle retourna à ses loupiotes cohérentes et moi, aux rues. Cette fois ça sentait vraiment la neige imminente.

Plus de vent, plus de rumeur, une attente… Des sensations revenues de la toute petite enfance, lorsqu'une pleine classe de têtes blondes devient soudain un bloc d'inertie somnolente…

Ça devait tomber.

C'est tombé.

Plutôt non : ça a dégringolé. Pas des flocons tout légers, pas des grêlons ravageurs non plus : de la neige en boule, je n'en avais encore jamais vue. Réfugié contre une vitrine de la rue presque déserte, je tombai d'accord avec ma voisine d'abri : on aurait dit du faux, du cinéma, le moment où l'accessoiriste balance généreusement du polystyrène expansé.

Dans un moment pareil il y a forcément des choses à voir, il sera toujours temps de rentrer sous terre ensuite.

Pourquoi pas les arènes ? Pas vues depuis longtemps, j'ai toujours aimé que l'adresse de ce monument rond soit  Square des Arènes .

En arrivant d'en bas, par la rue Linné, la côte est raide, on a le temps de saluer la mémoire de Jean Paulhan, professeur de français, de gymnastique et de langue malgache, puis mythique directeur de la NRF et résistant incontestable.

Il logeait là, dans un pastiche néo-gothique avec vue imprenable. Les petites arènes lutéciennes soignaient peut-être le mal du pays de ce Nîmois ? Il y a bien sûr une plaque sur sa maison, on le retrouve aussi à l'entrée des arènes, signant un texte assez prévisible mais point indigne.

Tout de même… c'est pour faire gallo-romain qu'on a supprimé tous les accents ? Monsieur Paulhan, voyons !

Aux beaux jours, entre ces murs, on lâche les lions (réincarnés en boulistes), on fait voguer des galères miniatures (transformées en bancs), on encourage les gladiateurs (sortis des écoles du quartier) anxieusement surveillés par leurs lanistes (petites mamans à poussette)…

En hiver on ne trouve rien de tout cela, seulement du luxe parisien. Le vrai luxe n'est pas forcément affaire d'argent, il est toujours discret.

Ici il s'appelle : calme.

Arènes de Lutèce(Paris V) - photo 1 Arènes de Lutèce(Paris V) - photo 2 Arènes de Lutèce(Paris V) - photo 3

Voilà 2300 pixels rien que pour vous.

Voilà une présentation plus raisonnable.

commentaires

Ardalia 07/03/2010 21:52


Ah, mais je ne faisais pas la grève, je boudais, tu sais bien. Rapport aux complexes, enfance difficile, botulisme, tout ça... ;)

La lenteur vient vient en partie de chez moi, je ne devrais cliquer ici qu'en début de journée, quand mon ordi est tout frais. M'enfin, ça ne le faisait pas, avant.

@Anna, tu me fends le cœur de comparer les poubelles light à des préservatifs, les contenants putatifs ne sont pourtant pas les mêmes ! Snif.


Malgré tout 09/03/2010 00:30


Lenteur : ben, avant, y avait pas d'images dansantes.... Bien sûr qu'elles mangent de la puissance machine, mais tout de même pas au point de tout figer. Il doit y avoir autre chose - les pistes ne
manquent pas, hélas.
Bon, tu boudais. C'est entendu, je n'ai pas lu le mot grève dans un commentaire précédent - plutôt, j'aurais dû deviner que je ne devais pas le lire. Trèèèèèè classique :-) C'est donc si gai que
ça, le botulisme ?
Contenu des poubelles et autres assimilations osées : je préfère vous laisser discuter entre vous.....................


Anna 06/03/2010 19:25


J'ai dû y passer une fois, il y a longtemps... Malgré le syndrome des sacs en plastique transparent-vigipirate qui pendouillent comme de vieux préservatifs, ta photo est jolie (mais si j'étais toi,
je raboterais le bord pour les supprimer du paysage !)


Malgé tout 06/03/2010 21:24


Boh...des préservatifs vert menthe et jaune citron c'est joyeux, non ? Ils ne sont pas très beaux mais ils sont là, alors je les montre.
Préservatifs, tri sélectif et Vigipirate : on vit une époque formidable.


Jo 03/03/2010 23:02


Mon Dieu ! Les arènes !
Moi qui étais étudiante à Jussieu, elles ont fait partie de mon quotidien des années durant. Une grande bouffée de nostalgie.


Malgré tout 04/03/2010 10:49


Pas trop glaciale, la bouffée ?


Ardalia 03/03/2010 22:52


Ces arènes sous la neige ont l'air en effet bien tranquilles mais surtout très froides.
"Les immeubles transis se rassurent de l'épaule"

(le joli truc en bas ralentit même la frappe d'une façon proprement exaspérante...)
OOOOoooommmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm...


Malgré tout 04/03/2010 10:48


Ah ben la grève est finie... :-) :-*

"Les immeubles transis se rassurent de l'épaule" : comment sais-tu que j'en ai aperçu un taper dans le dos de son voisin ?

Ommmmmmmmmmmm : je viens de faire deux essais de saisie de comm, avec joli truc visible ou caché, et n'ai pas remarqué de différence ? Enigme, là. On va surveiller ça, ma p'tit' dame, promis !


DBardel 03/03/2010 22:31


L'émotion, sûrement. J'ai oublié de te dire que ton bas de page est bien sympathique.


Malgré tout 04/03/2010 10:42


Merci :-)
Les avis sont partagés, à croire le commentaire suivant...


DBardel 03/03/2010 22:31


Vous allez chez un Cantalou pour manger... des lasagnes ?

Iconoclastes ! Impies !

J'en suis toute retournée, dis donc. Le pavé de salers et la truffade, tu trouves ça dans une pizzeria, peut-être, dans ta Kâpitâle ?

Mon Dieu Mon Dieu Mon Dieu.

Sinon, aujourd'hui, les mimosas étaient en fleurs à Toulouse.


Malgré tout 04/03/2010 10:41


Mais voyons... c'est un Cantalou oecuménique à clientèle estudiantine.
Son devoir moral, culinaire, éducatif autant qu'économique et commercial est donc de remplir les estomacs sans trop creuser les portefeuilles.
Cela s'appelle un plat du jour :-) (je vais me faire taper, je sens que je vais me faire taper !)

Il propose aussi de la viande de Salers, faut pas croire (et je t'emmènerai à l'Ambassade d'Auvergne un de ces jours, pour la peine)




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