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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 00:01

Réseau : un truc très compliqué, conçu et entretenu par des spécialistes grassement payés, reliant des ordinateurs entre eux.

Un réseau, ses techniciens, ses utilisateurs, possèdent deux états principaux :

  1. incompréhensible (technicien paisible, utilisateur affairé)
    ou
  2. en panne (technicien fébrile, utilisateur furieux).

À ces notions de base s'ajoutent d'autres termes fumeux tels que  protocole ,  couches OSI ,  bande passante 


Ouais. Il est temps de parler d'autre chose.

Vous avez déjà posté une lettre ? Vous avez appris ça quand vous étiez petit(e), en colo : l'adresse de maman au bon endroit (sans oublier le code postal), un timbre dans le coin, votre adresse au dos. Aller à la Poste déposer le tout dans la bonne boîte : ville, département, reste de la France (autres lecteurs francophones, je compte sur vous pour les adaptations). Un peu plus tard maman a reçu la lettre dans la boîte à son nom, en bas de chez elle, et elle a fondu de tendresse en lisant vos fautes d'orthographe.

Hé bien vous utilisiez un réseau : le réseau postal relie toutes les boîtes aux lettres de la Poste (souvent jaunes) à toutes les boîtes aux lettres d'immeubles (souvent grises). Première remarque : j'ai dit  toutes à toutes , je n'ai pas dit  directement  : il y a des intermédiaires et des regroupements, ce n'est pas un réseau  point à point .

Vous avez bien rédigé l'adresse (avec le code postal) ? Vous êtes allé jusqu'au bureau de poste mettre la lettre dans la bonne boîte avant la levée du courrier ? Vous avez respecté des conventions : le protocole utilisateur.

Derrière la boîte jaune il y a des postiers. Ils relèvent le courrier à heures fixes, le trient, le mettent en sacs, envoient ces sacs à leurs collègues ailleurs, ces collègues ouvrent les sacs, trient une nouvelle fois les lettres, le facteur prépare sa tournée, etc. .

Tout cela n'est pas organisé n'importe comment : le réseau postal a ses propres protocoles internes.

Tout cela ne vous concerne absolument pas : le réseau est organisé en couches.

Ceci signifie que vous, vous n'avez à connaître et respecter que le protocole utilisateur (pas plus loin que la boîte jaune). Le postier qui relève la boîte n'a (en théorie) besoin de connaître que le protocole utilisateur (pour vérifier que votre enveloppe est compréhensible) et le protocole à respecter pour préparer le travail de ses collègues trieurs. Ceux-ci, à leur tour, n'ont besoin de connaître que le protocole de l'agent qui a relevé la boîte (pour comprendre ce qu'il a fait) et le protocole d'échange avec le transporteur qui emportera les sacs ailleurs. Et ainsi de suite.

Vous n'allez pas expliquer leur métier à l'agent trieur ou au transporteur, ils ne sont pas davantage chargés de vous expliquer comment rédiger une enveloppe. En revanche le guichetier (à l'expédition) et le facteur (à la réception) sont là pour répondre à vos questions : il n'y a d'échanges qu'entre une couche et ses voisines immédiates.

Ce n'est pas une entrave à la liberté d'expression mais une simplification pour tout le monde : peu d'interlocuteurs, on sait clairement ce qu'on peut et ne peut pas en attendre.

Vous n'avez pas respecté le protocole utilisateur : oublié le code postal, placé le timbre au mauvais endroit… et la lettre est tout de même arrivée ? Les postiers ne sont pas des imbéciles, même si votre papa a une plus belle voiture qu'eux : le réseau comporte des protocoles de correction d'erreurs.

Petit(e) Français(e) à Londres, vous avez préparé une lettre impeccable, l'avez sagement glissée dans la fente d'une litter box jaune, et elle n'est jamais arrivée ? On a dit  correction d'erreurs , pas  production de miracles  – et une  litter box  est une boîte à ordures, pas une boîte à lettres, les protocoles des éboueurs ne sont pas ceux des postiers, personne n'a prévu d'interconnexion.

Petit(e) Français(e) en Allemagne, vous avez préparé une lettre impeccable, envoyée à Brascoulet-sur-Manégude (Loire-et-Garonne), l'avez sagement portée au Postamt en vous demandant si les Briefträger comprenaient le français, s'ils avaient Brascoulet dans leurs catalogues ? Pas forcément (et pour Brascoulet j'en suis certain), mais ils savent reconnaître une lettre destinée à la France et la mettent dans un sac étiqueté Frankreich : que les französischen Kollegen se débrouillent ensuite. La Poste allemande et la française ne sont sans doute pas organisées de la même manière, les Français n'ont pas une carte d'Allemagne sous les yeux ni inversement, mais ils savent échanger des sacs : leurs réseaux respectifs sont interconnectés. Interréseau… internet.


Pourquoi ce qui vous semble évident et logique pour du papier serait-il obscur et arbitraire pour des octets ? Le vocabulaire change mais les besoins sont les mêmes.

Tiens, je vois que j'ai oublié la  bande passante  dans mon histoire. Comme souvent le terme est impropre (soupir) : il devrait désigner les limites de taille autorisée (de la boîte d'allumettes au buffet Henri II, par exemple), il désigne en fait le débit du réseau. Nombre maximum de plis triés par jour ou nombre maximum d'octets transmis par seconde. Que la bande passante de l'ADSL soit supérieure à celle d'un modem 56k signifie qu'il passe plus (beaucoup plus) de paquets d'octets par seconde, pas nécessairement que ces paquets sont plus gros ou plus petits. Mais il est vrai que les postiers connaissent encore la langue française.

par éfigna afagnagna un fougnon - dans B-A BA
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commentaires

Anna 21/07/2009 16:42

Point du tout, point du tout, de baston il n'y aura, l'entente entre les deux commentatrices est cordiale, mais quand il faut dire les choses on les dit.

éauf 21/07/2009 19:21


Oui madame.
Bien madame.
Vous fâchez pas madame :-D


Anna 21/07/2009 11:18

Trop tard pour CETTE FOIS. Mais maintenant que l'argument est lancé tel un auguste boomerang, j'espère bien que ta réaction face à une situation similaire ne sera pas la même.

éauf 21/07/2009 14:34


Gniiii ! Baston baston ! Va y avoir du sport !


Ardalia 20/07/2009 20:27

@Anna, votre éloquence vibrante nous a touché aux tréfonds, mais en l'occurrence et en deux mots : trop tard !

éfignaaaaaaaaaaa ! 20/07/2009 22:51


Beau comme l'antique... Tout ça en tentant d'expliquer les réseaux ! 8-|


Djac Baweur 20/07/2009 20:18

Heu... gnafrü ?

éfigna hirk hirk hirk ! 20/07/2009 22:49


Spectacle rare : Djac Baweur à court de tchatche.
Savourez, bonnes gens !


Anna 20/07/2009 17:24

Commentaire en deux parties dont voici la première : Mon cher, j'adore vos analogies, et je dévore vos billets avec gourmandise.
Et la deuxième : Ardalia, malheureuse, PAS la Fnouck, la BIBLIOTHEQUE ! Avec la bibliothèque, lis sans payer. Avec la bibliothèque, teste avant d'acheter, et parfois même au lieu d'acheter. La bibliothèque, ton amie pour la vie.
(Le lecteur qui pensera que je prêche pour ma paroisse verra sa clairvoyance louée, mais on lui fera remarquer que ça n'enlève rien à la véracité du propos.) (Non mais alors.)

just call me fougnon 20/07/2009 20:06


Bon....
Je crois que je vais vous laisser toutes les deux assurer le spectacle, vous vous en sortez très bien ! Les vacances, raaahhhh (gnagna) !


Ardalia 20/07/2009 15:14

La parenthèse placée abusivement en exégèse ne peut être attribuée qu'à l'immense perfectibilité de la commentatrice ,laquelle, si l'on ne peut être contraint à la considérer comme charmante, laisse néanmoins entrevoir les profondeurs d'une humanité faillible et qui bat des cils en faisant la moue avec un air de chat mouillé piteux qui peut se juger comme délicieuse ou parfaitement gerbatoire selon des préjugés nourris à son égard.

D'après les explications ultra-caféinées de l'auteur, il appert que ce dernier fait reposer l'efficience de sa plaisanterie (le support de la vis comica ? Aha aha ) sur le fait que le public non-technicien et néanmoins non-imbécile, aura deviné à part soi que ledit auteur "garde un souvenir très net de ses périodes d'ignorance". Adoncques, cette plaisanterie s'adresse à un public plus particulier que nous l'avions tout d'abord supposé. Ce public est défini par ceux qui connaissaient ce très net souvenir de l'auteur et, ainsi informés, lui font gré d'une modestie par lui protestée et ceux - non informés par un récit ou des explications circonstancielles - qui ont pu déduire des éléments mis directement ou indirectement à leur disposition, tant dans le corps du texte lui-même (et des précédents écrits) que dans la phénoménologie particulière et stricte du support sur lequel il se trouve, le blog de l'auteur. Autant que l'on en puisse juger, il semble que l'auteur porte son lectorat en haute estime puisque qu'il le suppute capable de déduction logique, postulat audacieux et quelque peu casse-gueule que nous mettrons sur le compte d'une profonde bénévolence et d'une subtile lucidité personnelle. Meuh oui, on avait compris, hihihi, ixdé.

A propos de déconstructivisme, il convient, après s'être fort esbaudie devant le comique néologisme derridesque, que notre science, d'une ténuité édénique, n'est qu'un reliquat dentellescent de la philosophoulapoule Avital Ronnel, américaine et germaniste que son nom soit loué. Sa lecture, a peu près époustouflante, et pourtant ou en a vu d'autres, fait toutefois regretter, si tel est le cas, et tel est notre cas, de n'avoir pas le moindre prout d'idée sur l'apport de Heidegger à la science de la sagesse. Parce que le Dasein, passe encore, mais le Gestelt, merde quoi.

A propos de Rhââ Lovely, la commentatrice, un feu hypocrite aux joues, confesse sans mauvais esprit que les deux exemplaires de poche sont restés en la possession de leur légitime propriétaire : son grand frère, et que parmi ses souvenirs lointains, elle n'a pas retenu d'afignon quelconque mais consulte parfois avec émotion la petite Causette, la baudruche caprine du légionnaire et d'autres trucs qui ne lui reviennent pas là, dans l'immédiat. Va peut-être en profiter pour faire un saut à la Fnuck, la bien nommée.
J'ai dit.

éauf 20/07/2009 20:05


Le café étant digéré depuis longtemps, je me retire piteusement du concours d'éloquence : la palme est pour toi.
Mais Arderridalia reviendra : l'assonnance avec "Traderidera" est trop savoureuse pour qu'on l'abandonne :-)


Ardalia 20/07/2009 12:50

(A noter qu'avant de questionner, j'ai tout relu, sauf bien sûr cette intro, ce qui relève d'une vieille et persistante politique de mise en échec.)

En effet, mais tu as eu tort d'attirer mon attention sur ce paragraphe qui soulève des questions de grammaire (petites) et de logique, nonobstant la posture humoristique. En effet, 'incompréhensible" est une qualité de l'apparence, de l'ordre de la perception - ici indéniablement obscurcie - et non à proprement parler un état intrinsèque, une situation pour ainsi dire ontologique du réseau.

Venons-en à la blague. Compte tenu du contexte culturel dans laquelle elle s'inscrit et dont elle participe, il ne semble pas exagéré de la catégoriser comme un paradigme d'humour de spécialiste. En effet, le public moyen, qui n'est donc pas un technicien, est a priori et par défaut placé dans l'ensemble de ceux pour qui le principe de l'Internet est incompréhensible et comprendra que, sous couvert d'une complicité fallacieuse, on se fout carrément de sa gueule.
On suppose donc que l'auteur de la blague - ne tenant pas à se faire lyncher par des imbéciles non-techniciens en colère - s'appuie sur un postulat concernant l'état du public, comprenons ici sa haute et éclectique hétérogénéité. A savoir que certains éléments de ce public non-technicien sont néanmoins sensibles aux charmes de la technique, conscients sans souffrance de leur propre impéritie et capables d'assez de recul par rapport à leur ego pour, dans un revirement intellectuel, se placer dans l'optique de la domination intellectuelle du spécialiste, et, partant, se moquer d'eux-mêmes, dans le meilleur des cas, ou des autres éléments du plublic encore plus ignares qu'eux, dans le pire des cas. Ce postulat du spécialiste n'est pas vain, autrement dit : "elle est bien bonne !" ou "Mouhaha, t'es con !"

Figure-toi que j'ai fait connaissance très récemment avec le déconstructivisme. A l'éclat de mon éblouissement se révèle, peut-être, aux yeux des plus lucides, la taille de la bombe ainsi placée entre mes mains de chipoteuse-chicaneuse-fouille-caca-née (Rââaah lovely...)...

Huhu.

éauf 20/07/2009 13:40


Mazette ! Comment ne pas s'incliner devant le monument ?
Fort heureusement l'ingestion d'un seau de café, rituel conclusif des agapes de mi-journée, vient de hisser mon QI à son pic quotidien (quelque chose comme un tabouret modèle présidentiel posé sur
l'immense parquet de la salle de bal).
Adoncques...
Tout d'abord : une paire de parenthèses bien placée devrait rétablir l'harmonie grammaticale chère à nos deux âmes, ne devrait-elle pas ?
Ensuite : avant de plonger dans le démontage sémantique l'auteur souhaite préciser nettement que, s'il tient les termes de "technicien", "éclairé" d'une part et de "non-technicien","abruti" de
l'autre comme incompatibles et donc fortement corrélés (corrélation=-1), il considère leurs autres combinaisons comme toutes également probables (corrélation=0). Il considère aussi qu'un même
individu peut passer d'un contraire à l'autre dans les deux sens : le profane s'instruit, les connaissances du spécialiste se périment, etc.
Enfin, et nous venons au fond : le susdit auteur, s'il répugne à se reconnaître idiot ou à l'avoir été (il peut avoir tort sur chacun de ces points ou les deux), garde un souvenir très net de ses
périodes d'ignorance. Par sa plaisanterie, qu'il est loisible de juger plate ou maladroite ("blessante" m'ennuierait déjà davantage), il cherche donc à (sou)rire avec ses lecteurs plutôt qu'à leur
détriment ou à celui d'une fraction du public.
Enfin finalement : le Rââaah lovely ultime indiquerait-il qu'Arderridalia progresse sur le chemin de l'élucidation de signature ? Les amis et admirateurs d'icelle ne peuvent que s'en réjouir et
célébrer l'événement par des rondes fraîches et naïves parmi les pâquerettes couvertes de rosée. Et mésanges de gazouiller, merles de soigner leur extinction de voix, pommes de tomber, coccinelles
d'isaacnewtonner, scarabées et hannetons de copuler frénétiquement.

Hihi ;-)

(et je souhaite bien du plaisir à gougoul pour indexer tout ça !)


Ardalia 20/07/2009 11:35

Pas comprendre "les deux états", tu parles des couches ou des inter-réseaux ?

éauf 20/07/2009 11:52


Non non, seulement de l'introduction de l'article ;-D


Ardalia 20/07/2009 10:01

@Djac, j'ai posé la même question, voir les commentaires du premier article.

Excellente comparaison, la Poste, je note.

é-nigma-figna afagnagna un fougnon 20/07/2009 10:13


Héhé...

Et personne n'a relevé ma brillante description des deux états d'un réseau ? Sniffff....


Djac Baweur 20/07/2009 09:40

"éfigna afagnagna un fougnon "??

Ton protocole signatoire adopte des tournures, comment dire... inattendues...
:o)

alors voyons... un mouton... 20/07/2009 10:10


Agnabagl !


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