Encore un crépuscule aux couleurs impensables reflété par la façade vitrée de deux tours de bureaux, il y en a plusieurs autres dans ce blog.
Le ciel d'air, d'eau, de lumière se déploie ferme et solide, c'est le béton qui vibre et ondule, secoué par la vague que les toits mussés à ses pieds laissent passer, dans la sagesse de ceux qui durent.
Pourquoi prendre cette photo, et pourquoi la montrer ? Grincheux, je pourrais la faire témoigner de la pollution ambiante – qui donne ces couleurs orange – et d'une urbanisation anarchique – qui produit ces tours et le relais de télévision à l'arrière-plan – puis vous balancer quelques phrases vertueuses pour emballer le tout. Mais il ne s'agit pas de cela.
Une part de pose et d'entêtement, sans doute, celle qui, très jeune, m'avait poussé à donner plus d'attention à ces tableaux dont on ne sait pas ce qu'ils représentent
, auxquels on ne
comprend rien
, d'ailleurs il n'y a rien à comprendre sauf que ça vaut cher, ce qui est bien scandaleux pour des gens qui travaillent. Et bonnes gens d'enchaîner avec gourmandise sur les
histoires de coucheries des artistes : ça on comprend et on se représente.
Puisqu'on n'y comprend rien ça vaut le coup d'aller chercher moi-même, sans leçons, puisque ça ne vous intéresse pas j'aurai la paix. C'est un début en effet, un aiguillon, mais le goût enfantin du contre-pied s'éteint un jour. Que reste-t-il ? Une enfance plus ancienne, plus simple, sans discours et sans hiérarchie, qui regarde tout ce qui veut bien se laisser voir. J'ai tôt voulu savoir prendre des photos inutiles, il reste encore du chemin à faire.
Anciens, mais je les aime bien…
Les avez-vous lus ? Il y en a d'autres, fouillez dans les coins !
(cette liste change d'une page à l'autre, promenez-vous donc)
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