Partager l'article ! Cairn: On a beau utiliser des méthodes de pointe, des outils d'avant-garde,   ...
On a beau utiliser
des méthodes de pointe,
des outils d'avant-garde,
une gestion stricte reposant sur des algorithmes raffinés,
une organisation rigoureuse,
(et merci de ne pas vous gausser, ça donne l'air cloche)
on n'échappe jamais, JAMAIS, à deux questions fondamentales.
Première question fondamentale : Crémignardedju de sabre de bois, où donc ai-je fourré ce machin ?
Deuxième question fondamentale : Par la barbe de Zoroastre, qu'est-ce que c'est ce truc ?
Rédiger des articles soulève fréquemment la première question fondamentale (en y remplaçant machin
par photo
). L'autre jour, comme j'avais vidé la carte mémoire de l'appareil et
regardais les miniatures avec la même curiosité qu'autrefois l'enveloppe de tirages récupérée chez le photographe, a surgi sans prévenir la deuxième question fondamentale (en y remplaçant
truc
par photo
). C'était quoi, ça ? un champ au labourage torturé ? Une poutraison curieuse ?
Les questions fondamentales – de là vient leur grand charme – ont souvent des réponses simples : en tournant l'écran de 90 degrés sur la gauche, tout s'éclaire. Non ? Non… ah bon. Brrhhoum… les questions fondamentales exigent parfois des réponses détaillées.
Alors voilà.
Ceci est du papier journal.
Du papier journal tel qu'on le peut voir dans un des temples du papier journal, à savoir le siège parisien des NMPP. Longtemps installées rue Réaumur, en plein centre de ce qui fut le quartier de la presse, les NMPP ont déménagé en 1991 vers le vaste espace que libéra la SNCF en fermant la gare aux marchandises de Reuilly. La rue Montgallet, bien connue des geeks, longeait ce domaine ferroviaire dans lequel on a créé la rue Jacques Hillairet, nom cher à tous les amoureux de Paris et nouvelle adresse des NMPP – ce qui nous ramène en finesse au sujet.
Le rez-de-chaussée de cet immeuble propose, logiquement, une très vaste Maison de la Presse. Il en propose même une deuxième, presque aussi grande que l'autre, mais qui refuse tout client ! Elle
indique en gros caractères magasin-école
– je n'en connais aucun autre.
Entre les deux magasins, tout de même, s'ouvre l'entrée des bureaux. Un hall vaste et majestueux comme le veut la coutume, froid et inhospitalier comme le veut la prudence ès relations sociales : pas question d'inciter à se regrouper, le personnel est si imprévisible. Dans un coin du hall, visible du dehors, se dresse une sculpture, comme le veut le service de communication. Une sculpture aussi contemporaine que l'immeuble :
Elle s'intitule Cairn
.
Un cairn est une butte artificielle de terre et de pierres, un repère ou un monument funéraire. À quel sens exactement pensait l'artiste en choisissant ce mot ? Ne vous fiez pas à l'ironie de l'article, j'aime bien cette sculpture, son possible humour grinçant, l'idée qu'elle vieillira, changera de teinte, se déformera.
En fait, j'aime bien le papier.
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