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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 11:08

Déjà le troisième article sur la question ? Si j'avais su dans quel engrenage je mettais le doigt en écrivant le premier…

M'est revenue dernièrement l'histoire du terme  boot , on trouve quelquefois  bootup , au sens d'  initialisation  ou  amorçage . Quid est ?

Entre le moment où vos doigts nerveux appuient sur le  big red switch  ( red  quelle que soit sa couleur réelle) de mise en marche et celui où l'ordinateur consent à vous prêter un peu d'attention s'écoule un temps, toujours trop long, où la machine accomplit sa  séquence de boot . En français convenable on parle de  séquence d'initialisation , ce qui est un peu plus explicite. On pressent bien qu'il y a aussi un rapport avec la  disquette de boot  ou un  CD bootable , mais rien de tout cela n'aide à comprendre ce qu'une botte vient faire dans l'histoire.

Botte ? Botte, pour marcher – et n'espérez pas découvrir au fond du gros dictionnaire un sens oublié qui vous tirerait d'affaire. En franglais on dit aussi qu'on  boote la bécane , ce qu'il faut éviter de traduire au pied de la lettre  :  to boot the computer  c'est  botter l'ordinateur , procédure bien tentante mais pas normalisée du tout ! Et trop heureux encore qu'aucun comité officiel n'ait jugé bon de préconiser  bouter l'ordinateur . La dernière qui s'est occupée de bouter quelqu'un hors de quelque part a eu les pires ennuis.

Vous ne pensiez pas que j'allais vous livrer la réponse toute cuite, hein ? Hé non, regardons d'abord cette fichue séquence.

En fait, même pas : dans un accès de sadisme didactique je vais commencer par vous infliger quelques notions de base (warning : grosses approximations ahead). Les geeks peuvent sauter cette partie et aller directement à la fin.

Tout au centre de votre bécane se trouve le processeur (ou CPU), circuit intégré fabriqué par Intel, Motorola, Acer, ou d'autres. Outre qu'il se charge de tous les calculs, d'où son nom, il comporte un peu de mémoire très rapide, partie mémoire de travail et partie mémoire permanente. Autour de lui, sur la carte mère, gravitent un tas de trucs électroniques pour l'aider à bosser, parmi lesquels d'autres mémoires, plus lentes mais nettement plus volumineuses que celle qu'il embarque. Le contenu de certaines peut changer selon les besoins (les barrettes de RAM dont on n'a jamais assez), d'autres ont un contenu permanent (ROM) ou éventuellement modifiable, à l'occasion, avec un marteau et un burin (mémoires  flash ). Un fouillis de fils relie tout ce petit monde à beaucoup de choses, parmi lesquelles un autre type de mémoire encore plus lente et encore plus volumineuse : le ou les disques durs, voire le ou les lecteurs de disquettes.

Pour causer avec vous, pour faire marcher les programmes qui vous intéressent vraiment (traitement de texte, tableur, navigateur, morpion, sudoku e tutti quanti : programmes  applicatifs ) cet ensemble matériel (qu'on appelle un  ordinateur , au fait) a besoin d'un ensemble de programmes, répondant au nom charmant de  système d'exploitation  ou OS : MacOS, Windows, Linux, Unix, tant d'autres…

Un système d'exploitation est évidemment très lié à l'architecture du processeur concerné. Sa place  naturelle  semblerait être le processeur, où on l'inscrirait en usine une bonne fois pour toutes.

Mais.

Mais d'abord c'est souvent gros, voire très gros, et ça désenfle rarement au fil des versions. Ensuite, et puisque nous parlons de versions, ça change au fil du temps. Ensuite toujours, deux processeurs identiques peuvent s'entourer de composants et de périphériques complètement différents, dont certains n'existaient même pas lors de la conception du processeur. Enfin, sans même parler de versions successives, il peut exister plusieurs OS, complètement différents, pour un même processeur ; exemple type : Linux.

Conclusions : modulariser et externaliser. Pour un ordinateur  normal , de vouzémoi, on stocke généralement l'OS sur une disquette, un CD ou le disque dur.

Comment se fait le lien avec le processeur ? Par la  séquence d'amorçage , justement.

C'est beau comme le réveil de la Belle au Bois Dormant. Le processeur bâille, agite les orteils, se passe les doigts dans les cheveux et trouve dans sa toute petite et très rapide mémoire permanente un programme très court. Ce premier programme, immuable, dit à peu près  vérifie que tu es entier, prépare-toi un café, et puis va donc voir la suite à tel endroit .

Le  tel endroit  est une adresse en mémoire permanente (plus grosse et plus lente, ROM ou flash) où loge un autre programme. Cet autre programme trouve les copains de la carte-mère et les réveille – à leur tour ils iront de leur côté réveiller écran, clavier et autres organes externes par une procédure analogue.

Reste à trouver le gros de l'OS. Le programme de tout à l'heure se termine lui aussi par  va voir la suite à tel endroit , mais le  tel endroit  est cette fois-ci déterminé en palpant d'abord les supports amovibles (disquette, CD, clé USB, etc.) puis les supports fixes (disque dur). Le premier qui porte un string de dentelle – pardon : quelques octets caractéristiques à un endroit précis – est réputé contenir le ou les programmes chargés de la suite des événements (et si tout le monde est en slip kangourou, vous avez un GROS problème).

Cette suite des événements, c'est toute une série de chargements d'autres programmes (les pilotes) pour dialoguer correctement avec les périphériques encore inertes et, pour finir, le programme (interface graphique ou pas) chargé de dialoguer avec le périphérique le plus lent de tous : vous.

Et la botte ? Résumons le scénario précédent : l'ordinateur se met en marche en lançant un petit programme qui va en chercher un plus gros qui va en chercher un encore plus gros qui va… Bref, il fait tout lui-même tout seul comme un grand sans apport extérieur.

Si c'était un homme, ce serait un self-made man – en français : un parvenu. Plus gentiment, on dirait qu'il  s'est élevé à la force du poignet. .

Si c'était un cow-boy, on dirait que  he lifted himself by his bootstraps , qu'il s'est soulevé en tirant sur les boucles de ses bottes – vous savez bien, les petites boucles à l'arrière pour aider à enfiler.

C'est mignon, non ?

Donc, la prochaine fois que vous allumerez votre micro, imaginez le malheureux processeur en train de tirer frénétiquement sur ses santiags pour venir jusqu'à vous, et souriez un peu pour patienter…

commentaires

FGFT 15/04/2008 17:59

Ah ben non, mon Mac n'est pas portable du tout, et je l'éteins toujours... Remarque, il m'embête : il ne me laisse pas le temps de me faire un café pendant qu'il démarre.
Et puis le métro est chez le général, pas dans les Yeux secs ;-)

Ça fait rien, demain matin quand j'irai faire couler mon café pendant que le PC du boulot essaie de trouver sa deuxième chaussette, je repenserai à ta métaphore (m'étonne pas qu'il porte des santiags, je l'ai toujours dit que cet ordi était un has been) et comme ça peut-être que je commencerai ma p....n de journée de meilleure humeur.

DB_qui_se_demande_si_tu_connais_la_rue_Juillet (encore rien à voir, je sais je sais)

Malgré tout 15/04/2008 18:26


Mac : faudra que je vienne voir le prodige ! :-) Il doit y avoir une astuce à base de programmes qui restent en permanence dans un coin de mémoire. Mais je te crois, je te crois, ouhhhhh la oui
!
Le général, j'en suis à peu près à mi-parcours. C'est bien parce que tu insistes que j'ai sauté à la dernière livraison !
La rue Juillet : trouvée sur le plan, mais je ne la connais pas personnellement


DBardel 15/04/2008 13:29

Oué. Oké. Mais quand même : pourquoi que le PC du boulot, pourtant tout neuf et (paraît-il) méga-performant prend-il un quart d'heure pour commencer à démarrer ? Alors que mon Mac il lui faut deux nanosecondes ? Hein ?

Moi j'dis ça... C'est surtout pour te réveiller ton bout de disque dur à toi qu'a pas vu que chez moi j'avais mis mon métro à moi de quand j'étais petite.

Rien à voir, je sais.

Malgré tout 15/04/2008 15:52


Passke ton mac (portable, je parie ?)  tu le mets en veille, tu ne l'éteins pas : le processeur ne roupille que d'un oeil, avec ses bottes aux pieds. Et pourquoi le PC fait pas pareil ? Parce
que chez Apple, ils savent faire un système d'exploitation.
Le bout de disque dur à moi plaide coupable, il est allé réparer sa négligence.


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