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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 23:39

La Gare de Lyon est  ma gare , celle qui me ramène à ma terre d'enfance.

Comme la plupart des Parisiens sont nés ailleurs, chacun ou presque a la sienne dont il connaît, même inconsciemment, les ressources, les trajets utiles et ceux qui ne mènent à rien, les points de rendez-vous que le visiteur venu de province trouvera du premier coup et ceux où, mystérieusement, il arrivera toujours du mauvais côté. La gare dont il connaît les charmes et les défauts, les perspectives et les échos, les odeurs puissantes ou discrètes. Lâchez-le ailleurs que dans  sa  gare, le voyageur chevronné redevient aussitôt explorateur précautionneux, novice talonné par la peur de ne pas trouver son train à temps.

Le sort a été bon pour moi en m'attachant à la Gare de Lyon : elle n'a pas vu partir de trains de soldats ou de déportés, elle n'a pas été mutilée comme Montparnasse, elle n'a pas le gigantisme de la Gare du Nord – longtemps première gare d'Europe par le trafic, dépassée il y a peu par Berlin, ai-je entendu.

Il lui manque la si particulière galerie des marchands de Saint-Lazare, en échange elle recèle un joyau méconnu, même des habitués : une fresque illustrant tout le trajet du PLM de Paris à Menton tel qu'il était vers 1900. Marseille montre encore le Vieux-Port dynamité par les Allemands, à Nice le palais, lui aussi ferraillé en 1944 pour complaire aux Allemands, est encore sur la jetée-promenade. Sans parler du restaurant, classé, le Train Bleu à l'ambiance d'hôtel de luxe.

La gare actuelle est le deuxième édifice bâti à cet emplacement, en 1899. Le PLM, compagnie prospère, avait vu grand et beau, en dotant la gare de sa tour, promesse des campaniles italiens. L'horloge a été restaurée l'an dernier, l'heure se lit à deux kilomètres à la ronde, si grandes sont les aiguilles. On avait profité de la reconstruction de la gare pour raser la prison Mazas, de l'autre côté du boulevard : elle faisait vraiment trop mauvaise impression sur les arrivants. Le plan se lit encore dans le tracé des rues et l'aspect des immeubles, je vous montrerai ça et la fresque si l'occasion s'en présente.

Depuis vingt ans le secteur s'est peuplé d'immeubles de bureaux, cubiques et vitrés, aussi chaleureux que partout ailleurs. Seul le Ministère des Finances possède une vraie personnalité. Pour finir, peu avant 2000, on a mis en service le pont Charles-de-Gaulle qui permettait enfin d'aller rapidement de la Gare de Lyon à celle d'Austerlitz, de l'autre côté de la Seine.

Cette photo remonte à la fin de mars. Elle n'est pas vraiment charmante, rêveuse, ni même nostalgique… mais elle est un bon exercice de lecture de ville.

La tour, son horloge offerte à qui veut la consulter, sont aplaties, ridiculisées par le quartier qu'elles ont fait naître. Le pont, très haut par-dessus la vieille Seine et ses bateaux aux formes paisibles, achève de brutaliser le paysage – et pourtant, c'est un très beau travail d'ingénieur.

Et les hommes ? Points fugaces sur le pont, ou SDF aux tentes blotties sur le quai, dans la lumière chaude et charnelle du soir, à l'ombre du tablier.

La Gare de Lyon et le pont Charles-de-Gaulle, Paris XII

commentaires

Miss Alfie 17/08/2007 11:18

La gare de Lyon, je l'ai découverte l'année dernière. MOi, ce n'était pas la gare qui me ramenait à mes racines, c'est Montparnasse ma gare... Mais la gare de Lyon, c'était la gare qui m'ouvrait les portes de Paris depuis le fin fond de la région parisienne où je m'étais enterrée... Et puis c'était la première porte vers chez moi...

Malgré tout 17/08/2007 15:35

"chez moi" :  on en dit des choses, en deux mots ...

mebahel 15/08/2007 09:21

J'prendrais bien un craingue....(The comm intelligent)

Malgré tout 15/08/2007 10:13

Il en faut aussi, des comms intelligents ... Ca repose ...

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